samedi, 22 novembre 2008
Au chant d'Elle...
Aux chants d’elles …
Ta flamme s’allume,
l’indécente érigée
à mon visage,
incandescente insolente,
brûlée vive,
je me fonds en son sein
Aux chandelles…
Ta flamme,éblouissante et blême,

meurt si soudain
de n’être point consumée,
soufflée de nulle étreinte,
coquille vide dans ma main
Aux chants d’ailes…
posé tes nuées en fleurs de peau,
bruissements furtifs
s’évanouissent,
la grâce neigeuse de ton empreinte,
docile, je me suis éteinte
soumise à l’impossible étreinte,
juste un baiser si doux, rêvé,
imaginé…
Boire à la lie,
le suc à tes lèvres,
Aux chandelles...
j’ai vidé seule la coupe lors d’un doux soir,
tu n’étais déjà plus de n’avoir pas été…
18:10 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
vendredi, 31 octobre 2008
Au clair-obscur...
Au clair-obscur, des formes arborescentes s’étirent au fond de mon jardin,
L’à
peine visible sous ma fenêtre va s’éteindre sous la lune,
Laisser ses reflets mordorés pour se parer de perles noires,
Nacres sous la rampe nocturne
Ecrins verdoyants des plus sombres,
Nuits noires …
L’étrange ainsi s’anime,
L’incertain, se meut, malaisé,
Au feulement félin, un frisson me parcourt,
Des ombres inquiétantes glissent,
Lèchent le mur et s’immiscent,
De drôles d’idées se mettent à roder...
L’étrange ainsi s’anime…
Chut ! La lune a chuté
En silence, là-bas,
Evincée,
La reine brune l’a blackboulée,
Il fait si noire soudain !
Au firmament, les géantes côtoient les naines,
Ardentes,
Brillent de tous leurs feux,
La voûte céleste s’embrase de mille vœux
Il fait si clair soudain !…
08:05 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 24 octobre 2008
Déséquilibré...
Madame R, est la mère d’Antoine, 11 ans.
Antoine est suivi depuis l’âge de 4 ans en service de pédopsychiatrie ;
Antoine est un garçon intelligent mais en proie à des angoisses massives dés lors que le moindre changement intervient dans sa vie ;
Il a, en effet, une appréhension du monde particulière, que les spécialistes ont diagnostiqué ainsi :
psychose avec troubles autistiques majeurs ...
Les parents d’Antoine, sa sœur, 16 ans et son frère 8 ans, entourent de leur affection ce petit être fragile ;
Peu à peu, leur vie s’est installée autour des besoins spécifiques d’Antoine : entre disponibilité non-stop, réassurance perpétuelle et accompagnement vers l’intégration sociale,
Entre les consultations, l’annonce du diagnostic et le deuil de la normalité…
Un parcours d’amour et de souffrance,
Un « combat quotidien », dit sa mère,
Entre le regard des autres, des mots, parfois péjoratifs, blessants,
Les parents se sentent coupables et la société leur renvoie bien… bien trop…"cet enfant est mal élevé"
Madame R. a dû interrompre son activité professionnelle pour faire face : mère de trois enfants dont Antoine, si vulnérable ;
La famille vit avec, comme ressources, le seul salaire d’ouvrier de Monsieur et les prestations familiales (AF, APL, AEEH),
Une fois déduites les mensualités d’accession à la propriété et les charges courantes, le budget est "serré " il faut encore se nourrir et s’habiller ; il ne reste rien pour les loisirs, ni pour le couple ni pour les enfants ;
Cette année, Antoine entre au collège, en sixième ; une classe ordinaire, classique, puisqu’ il n’existe pas de classes adaptées dans la région pour des enfants intelligents avec des troubles de la personnalité ;
Pas de dispositif spécifique hormis la bonne volonté des équipes enseignantes…
Le couple a choisi de l’inscrire en collège privé (les deux autre enfants sont scolarisés en secteur public) pour la raison suivante : ce ne sont pas les élèves qui changent de salle de cours pour chaque matière enseignée mais les enseignants ;
Antoine a du mal à se repérer dans l’espace et il s’angoisse, il panique…le turn-over des salles de classe serait une épreuve redoutable!
Ce choix justifié entraîne des frais supplémentaires : le coût du scolaire majoré des frais de route ( 2 allers-retours quotidiens, soit 80 Kms par jour) ;
C’est Madame qui l’accompagne puisque Monsieur travaille , ce qui lui réduit d’autant ses possibilités de reprise d’emploi : il lui faudrait un poste « aménagé » de 9 heures à 16 heures quatre jours par semaine, or, Madame habite à la campagne, et n’est pas qualifiée …
Antoine a une reconnaissance de son handicap par la Maison du Handicap( MDPH);
cette instance départementale a émis un avis favorable pour l'octroi d' une allocation d'éducation enfant handicapé (AEEH ) de base;L'AEEH est une prestation familiale destinée à compenser, au moins en partie, les frais supportés par toute personne ayant à sa charge une personne handicapée.
elle lui a par contre refusé le bénéfice d'un complément à ce versement de base;
les compléments sont alloués en fonction de trois critères :degré d' autonomie de l’enfant, coût lié au handicap et réduction d’activité d’un parent du fait du handicap de l’enfant ; les compléments ne sont pas destinés à "indemniser" le handicap mais à compenser les surcoûts et les pertes financières des familles, liés au handicap de l'enfant.
Sans complément, signifie le minimum…considérant sans doute que cette famille n’a pas de dépenses spécifiques liées à la pathologie de l’enfant et que Madame peut travailler…
Cette décision fait l’objet d’une demande de révision dont le résultat est aléatoire,
le handicap mental et ses conséquences demeurent toujours complexes à évaluer, tant en terme de coût que de repercussions sur l'enfant et son entourage;
Les textes laissent une marge d'appréciation parfois subjective...
Pourtant, il est évident que l’aspect financier est essentiel au mieux-être d’Antoine et à l’équilibre, précaire, de cette famille:
Comment une Institution, par négligence, manque de temps, de moyens ou souci d'économie,peut-elle commettre de telles erreurs d'appréciation?
Pour reprendre la notion de coût, il va de soi que si Antoine devait intégrer une structure spécialisée ,trop rare et mal adaptée à ce type de pathologies, il en couterait autrement plus cher aux organismes payeurs...
Comment,au final,la MDPH peut-elle,malgré elle,de part sa décision trop hâtive, contribuer à déstabiliser une famille qu’elle devrait, au contraire, soutenir ?
N’est-ce pas contribuer à participer aux mécanismes déclencheurs de la précarité et de l'exclusion ?
l
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samedi, 18 octobre 2008
Allégresse et mélancolie
Entre allégresse et mélancolie, vivre et créer…
Dans le même creuset vital,
trouver le juste équilibre, face au balancier de la grande horloge qui scande les heures
, implacable précision, incessante régularité ;
Sortir de l’enfance, apprendre la gravité, être u
n homme, franchir les étapes, s’investir, acter, jouir de la liberté de ses choix et de l’angoisse vertigineuse qui l’accompagne…
Se bercer d’illusions humaines et collectives pour s’engager, amarrer la coque épaisse au port, ne plus mettre les voiles ;
Réduire le tangage et son rythme chaloupé qui nous envahissent lorsque l’existence se saisit de sa propre nudité dans sa radicale contingence, tellement absurde et vaine…
Comme si, privée de sens propre, elle créait cette sensation de vide et ce besoin d’oser le risque pour se sentir vivre au fond de soi…
Comme si la grâce et la légè
reté du « papillon de l’être » ne pouvaient défier la pesanteur et la mollesse qu’en initiant ce « jeu » périlleux, osé…
Comme s’il fallait dérégler le mécanisme huilé pour expérimenter sa propre condition,trouver en soi le caractère profond de l’humain sorti de l’individualisme contemporain privé des symboles,des rituels et des traditions qui l’aidaient autrefois à être ;
En ressortir grandi,y gagner en maturité dans cette
époque qui ajoute aux impératifs de la performance et de la responsabilité individuelle celui de l’authenticité ;

Prendre du recul, s’arrêter un moment pour contempler le paysage de ces vies « qui n’ont pas le temps »,
admirer ses bleus profonds et ses éclats de jaune, ses petits chemins aux sinuosités bordées d’herbes folles et ses larges routes qui se perdent à l’horizon…
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Le poids des mots
Le poids des mots et leur hypocrisie…
Juin 2005, la Halde, haute autorité de lutte contre les discriminations, voit le jour et reconnaît par là-même et pour la première fois l’existence de discriminations en France.
Cette reconnaissance officielle fait suite à la montée en puissance depuis les années 80 des pays du nord de l’Europe qui militent en faveur de mesures européennes de lutte contre les discriminations, aboutissant à la loi du 16/11/01 .
Le droit français prévoyait déjà de sanctionner les discriminations liées au handicap, aux origines, à la religion, à la situation familiale, mais il est désormais élargit à l’apparence physique, l’âge, les opinions politiques et syndicales, l’orientation sexuelle.
Outre ce champ plus vaste, la charge de preuve est aménagée, c'est-à-dire que la victime établit les faits et, charge à l’accusé de prouver que sa décision ( licenciement, refus d’embauche…) n’était pas prise pour un motif discriminatoire, ce qui change pas mal de choses…
La Halde, dotée de pouvoirs d’investigation, peut être saisie par toute personne s’estimant victime de discrimination, quel qu’en soit le motif :
1410 saisies en 2005, 4000 en 2006 et plus de 3600 au premier semestre 2007.
Premiers motifs, les origines et la santé.
Premier domaine, l’emploi.
Quelques condamnations significatives, l’Oréal et Adecco condamnés à 30 000 euros d’amende .
Aujourd’hui, l’idée de « discrimination positive » se développe :
Il y fleurit des chartes de la diversité par lesquelles les entreprises s’engagent à refléter la diversité ethnique et culturelle dans leurs effectifs et à tous les niveaux de qualification ;
La création de l’ANSEC, ou Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances consécutive à
la loi de janvier 2006 sur l’égalité des chances suite aux émeutes des banlieues.
Ce qui me questionne :
Ce passage insidieux de « la lutte contre les discriminations », qui rappelle des positions de principe et l’application rigoureuse du droit, à « la promotion de l’égalité des chances » et sa rhétorique flatteuse de la diversité.
Le poids des mots et leur hypocrisie…
Premier exemple de précarité:
Comment justifier du fait que, pour pallier au manque crucial de médecins, de nombreux médecins étrangers exercent dans nos hôpitaux sans pouvoir jouir de la plénitude d’exercice ?
Ces médecins à diplôme hors Union Européenne sont payés trois fois moins qu’un médecin français, ils ne peuvent s’établir à leur compte ou dans le secteur privé, et n’ont pas d’évolution de carrière ; ils sont des milliers à enchaîner les CDD et les gardes pour obtenir un salaire équivalent à leur homologue français qui ne ferait pas de garde ;
La Halde a été saisie de cette question et a statué ainsi : « C’est dans l’exploitation faite de leur absence de statut, alors même que leurs responsabilités concrètes sont identiques, que la discrimination à leur égard trouve sa source. Celle-ci s’opère en raison de l’origine, dans l’accès à l’emploi et dans l’emploi. »
Une précarité volontaire entretenue par l’Etat sous couvert d’égalité des chances et de discrimination positive ?
Deuxième exemple de précarité:
Les grands groupes du bâtiment, qui obtiennent les grands chantiers, emploient de moins en moins la main-d’œuvre qu’ils utilisent, préférant passer par des entreprises sous-traitantes et l’intérim et entretenant ainsi des contrats de travail précaires et la menace du renvoi à tout moment ; de ce fait, les travailleurs immigrés sont très recherchés pour leur vulnérabilité légale et sociale…
Mais l’engagement humain exige un minimum de réciprocité : peu d’engagement de l’employeur donc peu de retour du salarié, résistance passive, sabotage, absentéisme et qualité des constructions laissant parfois à désirer…
Alors, vaut-il mieux en rester à une logique « contre » (les discriminations) ou flatter les esprits vers une logique « pour » (l’égalité des chances) ?
Dans l’absolu, pourquoi pas l’un et l’autre, mais sûrement pas l’un à la place de l’autre !
On voit bien, au travers de ces exemples, les glissements pervers des mots qui sous-tendent une politique que l’on pourrait supposer plus orientée vers le profit et le souci d’économie que vers une réelle et juste égalité des chances,
Question d’objectifs…et d’équilibre à trouver entre deux cadres qui, au-delà de la pensée qu’ils véhiculent, pourraient amener des modifications au cadre législatif qui les cautionne.
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lundi, 29 septembre 2008
Concerto à quatre mains
La salle fait silence, prête à la confidence …
Fleurs d’amarante, les plis pourprés du rideau de velours tyrien s’écartent
L’élégant piano à queue ose dévoiler son harmonie horizontale aux amants bicéphales

Une longue inspiration retient les souffles
Haleine tiède au dessus des têtes
Soudain, les doigts s’animent et crèvent la poche d’air lourd
Les phalanges se déhanchent, s’éloignent, s’emboîtent,
S’unissent et se retirent sur le clavier docile aux touches véhémentes
Quelque quarante lutins oblongues et agiles caressent, tâtent,
Effleurent ou cognent avec forte-piano les minuscules marteaux
Pressés de titiller les cordes de l’instrument
Les mains se nouent, tour à tour lentes ou vives
Chassé-croisé aux allures de danse nuptiale
Confidentes, les notes sonnent, aériennes, cristallines, se déposent, neigeuses
D’autres s’écrasent, éclatent et se tordent, braillardes,
Dans l’épaisseur des âmes béantes
Les mélodies s’éclipsent, envoûtantes,
Racontent en chansons de geste la saison des amours,
Les quatre saisons ou les quatre temps,
Les quatre mains
A tire d’ailes, elles chevauchent l’obéissant clavier aux soubresauts vifs et plaintifs
Tels ceux de l’oiseau saisi par l’habile oiseleur
Il s’apaise enfin au creux des paumes tièdes
L’ultime note s’achève dans la pénombre
Le silence abasourdi des consciences remplit la salle
Puis la foule éclate
Applaudit à tout rompre
Le piano se tait et les cœurs s’unissent.
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samedi, 30 août 2008
Saveurs d'enfance...
A l’hélium envolé, vraiment gonflé !
Point noir sur le i de ciel,
L’hideux ciel gobeur
D’un bleu bête comme tes yeux tout ronds
Soudain tout creuxVraiment gonflés de larmes
Des larmes à l’eau de pluie
Salées
S’écoulent
Rondes et roses
Au feu du chagrin
Baiser maman
Ronde et rose
Maman câlin
L’impossible retour du ballon échappé
Au feu du chagrin
Des petits doigts boudin
Pas bien malins
Vraiment gonflés
Au goût de lait, de miel et d’arc en ciel…
Le cône rond
Béa
Exhibe en vain sa nudité
Craquant
Vraiment gonflé
Flanqué à terre le chocolat glacé
Se répand, flasque, s’étale
Sur ta sandalette grège
La crème gluante et froide
Entre tes orteils surpris
Marron crotteux
C’est tout visqueux
A en perdre la boule
Bah ! Qu’ça coule !
La fraise suit le même chemin
Dégouline sur ta main
Elle est maligne !
Menace d’en faire autant
De ta langue de géant
Tu la lèches goulûment
Son goût d’été, de lait et de tétées…
De beaux pâtés bien mouillés
Accroupi
Le cul trempé
Le polisson affairé
D’avance en rit
Renverse le seau décidé
Le col en bas, orné
D’un canard colvert
Au bec ouvert
Crache la masse ensablée
Sur le sol tout mou
Entre tes pieds…
Aïe ! Mes petons enfoncés
Le sable les a dévorés
Maman baiser
Ouf, les revoilà
Les coquins au fromage d’en bas
Il s’en est fallu de peu
Trottiner sur les mains, c’est affreux
Mais pendant ce temps là
Voilà la mer qui te chipa
La dérobeuse
Ta pelle rouge, la belle foreuse
Elle sautille sur les crêtes
La joueuse
Tu trépignes, aussi chou qu’un caillou
Cheveux au vent
Leur goût de sel, d’algues blondes et de gros temps…
Tortillons d’un pied sur l’autre
Danse de Saint Guy
Le tire-bouchon et ses apôtres
Nu comme un ver, ça va de soi
Caché par un drap de bain
Enlève le slip vers le bas
Pas très malin, d’une seule main
Le fait glissé sur le mouillé
S’obstine à la cuisse, bloqué
S’agace et gesticule
Sautille, s’impatiente
Et zut !
Le vent taquin
D’un souffle tentaculaire
Découvre soudain
La nudité spectaculaire
Du moins que rien
Sinon son drôle d’air
Figé de stupeur, le nez à terre
Au goût amer, honteux, quel mal de mer…
10:14 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
vendredi, 01 août 2008
La fleur d'eau rangée
A fleur d’eau rangée, déliquescence
A fleur de pulpe écorcée
Arome d’agrumes, délicate essence
Princesse de Néroli, bigaradiers gorgés au zénith
Des orangers aux eaux vives
Effleurer tes mots qui se précipitent
Tels des essences fugitives
Princesse de Néroli aux eaux vives écorchées,
Florales évanescences
Au cœur des palais débauchés
Efflorescence
Silence au moucharabieh
Un thé au harem
Pour quelques suppliciées
Qui jamais n’aiment
A fleur d’eau rangée, déliquescence
A fleur de pulpe écorcée
Arome d’agrumes, délicate essence
Bigaradiers sirupeux à l’excès
Délit des sens
Amères saveurs au fond des palais
Délitescence
Curieuses à voilettes de stuc
Comme évanouies
Nulles eaux vives, pas d’aqueduc
Des voiles et grivoiseries
Les suaves ardeurs au fond des palais
Pour quelques oubliées
Malgré tous leurs attraits
A fleur de pulpe, écorcées
A fleur d’eau rangée, déliquescence
A fleur de pulpe écorcée
Arome d’agrumes, délicate essence
10:11 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 17 mai 2008
La mer se retire...
La mer se retire,
Obéissante esquive …
Rentre en ses fonds,
Dans ses rebonds
De jade aux sombres destinées,
Echos souverains et familiers,
A l’ordre du Temps
La grande Eau se soumet,
Au prêtre des Vœux Célestes
Et son obscure course des heures,
Aux capricieuses Océanides
Feintes d’une absolue candeur ,
La grande Eau capitule,
Courbe l’échine à la barre d’écume,
L’emporte aux horizons lointains
Que le couchant allume…
de Sumatra à Fidji,
de Soledad à Bali,
Au gré de ses flots,
Cette fois encore,
Entre Cancer et Capricorne,
Au gré de ses lunes,
Et puis encore,
S’incline au jusant…
La mer se retire,
Obéissante esquive,
L’éternel féminin de ses cycles ronds à la houle
dépose ses reflets d’opale sur la couche d ‘azur ,
l’appel de ses abîmes, aux goémons s’enroule,
l’âcre sel de son intime, aux limons s’accroche,
Neptune aux équinoxes
S’accouple à la Belle,
Vers le Grand Large, happée,
Dans un ultime soupir
Elle quitte la berge,
Glisse, imperceptible,
A l’orée de ses flots,
S’épanche à la mousse emprunte de vase,
Aux crêtes mordorées,
Avant de grand départ,
Confidences à la laisse,
Au sommet de l’onde,
Sursaute, se fripe et s’étire,
S’irise de moire,
S’apprête à partir…
La mer se retire,
Obéissante esquive,
Chuchote au creux de ses algues,
Clapotis susurré comme un regret de sel,
S’invite à faire le gros dos,
S’enlace à la vague,
S’éclipse en petits pardons,
De mille trous ronds,
Orifices aux doux secrets,
Empreintes tièdes et molles
Telles des bouches feutrées d’ouate
A la mouvance des sables d’ambre,
Coraux et perles,
Cônes d’argent entonnoirs,
Nichent et se cachent,
Logent bulots et asticots
Coques, clams et couteaux …
La mer se retire,
Obéissante esquive …
Rentre en ses fonds,
Dans ses rebonds
De jade aux sombres destinées,
Echos souverains et familiers…
Au gré de ses flots,
Cette fois encore,
Entre Cancer et Capricorne,
Au gré de ses lunes,
Et puis encore,
S’incline au jusant…
Se souvient-elle seulement des étoiles à la fleur des sables ?
Etoiles de mer et roses des sables,
Des tendres riens à la mer étale,
Du grain doux et rauque sous sa voile,
Crisse, roule et puis se tait,
Sous le silence, à marée basse,
Se souvient-elle seulement du goût des roses à la vague ?
14:10 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 07 janvier 2008
Il neige à Viareggio
Deux cappuccinos posés là,
A même le marbre givré,
Libres volutes par dessus les toits enivrent d'odeurs subtiles la mousse écrue,
Réchauffent tendrement l’atmosphère hivernale,

L’arrondi parfait de la petite table impose sans pudeur sa lourde masse sur l’élégant pied aux arabesques graciles,
Le plateau de marbre exhibe ses brillances en fugaces éclats de cristaux de givre,
Sur la terrasse vide,
A l’ennui,
Seules quelques chaises empilées du souvenir d’un été d’affluences chaleureuses,
Sculpture instable en mal d’originalité,
Prête à tout rompre sur les larges dalles de pierre aux reflets de beige-rosés,
De bruns d’ocres et de gris,
Erodées, stigmates des temps mauvais,
Ce fantomatique espace ourlé d’épais massifs de lauriers roses confond ses flancs dans les brumes salées de la mer Thyrénéenne dont les reflets d’argent empruntés, pour un jour, aux largesses grises des amples mers du Nord, flattent gracieusement les pourtours,
La mer a froissé ses lames de plomb,
Mis sa robe de velours frappé,
Agrippé l’épaisseur hivernale,
Confondu le pâle soleil de pauvres rougeoiements,
Timide astre s’évertuant d’imposer le jour montant aux regrets des vifs ardents d’estives réminiscences,
Ses faibles lueurs saluent mollement le passage jauni des rideaux de flocons neigeux,

Abondantes éphémères,
Tournoyeuses afférées,
Les pucelles rieuses s’agitent à tout vent avant de se fondre, cristallines,
À la houle laiteuse,
Aux écumes goulues,
Disparues sous les ventres du lourd ressac d’anthracite et d’ivoire,
La mer cogne ses rythmes profonds au quai glacé,
Hurle, silencieuse, ses abysses aux échos souverains,
la serveuse à l’ombre brune se déhanche, lascive,
Et rentre à l’intérieur les tasses vides,
Grelottante…
20:10 | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
dimanche, 16 décembre 2007
Joyeux Noël et bonne année !
Un petit break, le temps de laisser passer les fêtes,
pas le temps en ce moment...speed de partout + grosse fatigue,
je vous souhaite à toutes et à tous de joyeuses fêtes de fin d'année,
( même si on se marre pas toujours...),
et je vous dis, à très bientôt , pour le plus grand plaisir !!
18:20 | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
lundi, 10 décembre 2007
Et vous ?
J’aime à croire que, fondamentalement, l’homme n’est ni bon ni mauvais, si tant est que bien et mal possèdent un sens au-delà de la morale,et que sa cruauté ou sa petitesse n’ont d’égale que sa souffrance…
En l’état, c’est ainsi que je regarde l’existence et les autres,
Sans doute s’agit-il d’une croyance plutôt que d’une pensée,
Sans doute la raison m’amènerait-elle vers d’autres chemins,
J’ai choisi de croire en l’homme,
Malgré un monde qui nous vomit à la gueule trop souvent l’inverse,
Malgré le scepticisme, l’incrédulité, la soif de pouvoir,
Parfois je me sens seule, décalée,
Quand la naïveté et l’insouciance deviennent pour certains les tristes cousins de la niaiserie ou de l’imbécillité,
Pourtant je garde la tête haute, fièrement,
Ni naïve, ni insouciante,
C’est un choix difficile…
et vous, vous voyez "ça" comment ?
18:30 | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
jeudi, 06 décembre 2007
Dans l'âtre...
...Le feu chuchotait à peine entre ses braises
De vif-argent recouvertes,
Couvées mignonnes des flammèches
Feux-follets aux contours irisés,
Presque inaudibles,
Les morsures rougeoyantes ont taillé une voûte sous les bûches,
dans la danse survoltée,
Pas chassés des folles ondulantes,
Attaques vives en les chairs des bois tendres,
Coupables innocents posés là,
Plongent leurs fines lames,
Incandescentes, au cœur des fibres,
En lèchent les pourtours,
Indécentes coquines,
La longue bûche cède et s’entrave,
Craque et se fend dans la plainte subite et lourde,
Massive, s’écroule et se tord,
De drôles de têtes apparaissent,
Fantomatiques hologrammes,
Une tortue aux lippes de feu,
Au torse viril crépitant joyeusement,
De-ci,de là,
Besogneuses, les folles flammes s’esquivent,
S’enfilent,drues,
Le long des bûches couvertes de cendre,
Dans un dernier râle, se contorsionnent,
Exhibent, tel un monstrueux Cyclope en Erèbe,
Le dernier feu,
L’ultime agonie,
Dans le lit tiède des cendres qui s’apaisent enfin…
14:54 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 03 décembre 2007
Mouvement vital
« Un nouvel équilibre du repos et du mouvement ne saurait être atteint que si nous traversons les zones dangereuses ;
malgré tout, le repos réside en notre fort intérieur, et en la paix des forêts, là même où nous fendons l’espace à la vitesse des navires » ,
Ernst Jünger évoque l’équilibre entre mouvement, élan vital, et repos, paix intérieure ;
Le balancier de l’horloge,
maintenu en mouvement perpétuel grâce aux poids et pendules, oscille dans cet aller-retour de l’intérieur vers l’extérieur, puis de l’extérieur vers l’intérieur, en déplacements continus et réguliers de volume et de poids, comme un souffle de vie,
La spirale et sa verticalité symbolisent et ponctuent l’écoulement du temps, dans un mouvement ascensionnel en aller-retour,là aussi ; figure associée à la vie et à la fertilité, formatrice de l’univers, comme l’horloge et son balancement régulier, la spirale initie le mouvement vital,
Le sablier, mouvement de passage du plein au vide et vice-versa, 
Partir des éléments extérieurs, de façon concentrique, pour parvenir à l’intériorité qui, dans cette même et unique respiration, va refléter la lumière intérieure pour iriser l’en –dehors,
Voir dans le geste de l’Autre le miroir de sa propre lumière…

Oser le non-savoir et l’oubli pour créer, non pas l’ignorance, mais l’exercice difficile d’un commencement de liberté,
Oser le cœur de l’être, même s’il n’est qu’errance…
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vendredi, 30 novembre 2007
Larmes d'ambre
Il était une fois, Hélios, le dieu Soleil.
Hélios eut un fils, Phaëton, et sept filles, les Héliades.
Hélios parcourait chaque jour le ciel dans son char de feu, depuis l’orient jusqu’à l’occident.
Un jour,Phaëton, mis au défi par un compagnon railleur, dut prouver qu’il etait bien le fils d’Hélios ;
pour ce faire,il entreprit de conduire le char de feu de son père : les chevaux, d'ordinaire dociles,s’emballèrent,rétifs, et le char incontrôlé devint une menace pour les dieux et les astres,
le chauffard
imprudent enflamma la terre et manqua de détruire l’univers.
Zeus intervint :Il foudroya Phaëton et le précipita à jamais dans le fleuve Eridan ( le Pô).
Les Héliades, inconsolables, pleurèrent leur frère au bord du fleuve et se transformèrent en peupliers ;
Selon le poète Ovide, lorsque les Héliades, filles d'Hélios furent métamorphosés en aulnes et en peupliers, elles continuèrent de pleurer la mort de leur frêre, Phaéton. Leur mère tenta de les sauver et commença à arracher les écorces qui recouvrait leurs corps, alors elles la supplièrent :
« Pitié ma mère, je t’en supplie ! C’est notre corps qui, avec l’arbre est déchiré. Et m
aintenant adieu ! L’écorce vient étouffer leurs dernières paroles. Il en coule des pleurs, et goutte à goutte, se solidifie l’ambre, né des rameaux nouveaux. Le fleuve transparent le recueille et l’emporte aux femmes latines qui s’en pareront ».
leurs larmes prirent l’aspect d’un liquide doré comme le soleil ;
Elles pleuraient des gouttes d’ambre…
Magique, divin, l’ambre est chargé de légendes : il contient la lumière du monde, il est les larmes des oiseaux de mer…
Mis autour du cou des nourrissons, il les protège, apaise leur sommeil et leur donne énergie, vigueur ;
Les dieux aiment son parfum lorsqu’il se consume ;
Les Gaulois le portaient en talismans, les Romaines dans leurs chevelures pour éloigner les esprits malins, il éloigne les Djinns, êtres malfaisants au Maroc…
En Grec, « ambre » se dit « alectron
», étymologie du mot « électricité », du fait de ses propriétés électrostatiques, découvertes par Thalès (le fameux théorème casse-pieds…) ;
L’ambre, résine fossilisée, résulte d’un long processus de fossilisation de dépôts végétaux comme feuilles, bois, pollens … et animaux comme plumes, insectes…,
La résine des végétaux c
onserve ces inclusions et se transforme en ambre après…
Des millions d’années !
De miel à rougeâtre, l'ambre flirte avec la lumière pour se parer de toutes les élégances que ses petites bulles vont flatter en douceur…
à en faire pleurer les filles du soleil et les oiseaux de mer...
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mercredi, 28 novembre 2007
Equilibre précaire et Editions Filaplomb
Profitant de ce qu’Eric, aimablement, publie ma note « Droit au logement opposable » sur le blog Equilibre précaire, je voudrais vous en redire un mot :
Parce que communiquer, partager, échanger, nous enrichit tous,
Eric, Crise dans les médias, a initié, en septembre, un blog collectif, où chacun de nous peut parler, témoigner, autour de cette question importante qu’est la précarité, tant au niveau du travail que des différents aspects de la vie sociale ;
il privilégie les témoignages, l’actualité du travail, et plus largement, il évoque tous les aspects de la précarité ;
Cette aventure collective, soutenue par une charte des rédacteurs, est nourrie par ceux qui s'expriment sans esprit partisan, avec le seul souci d'ouvrir le dialogue avec les lecteurs.
Un sujet sérieux, pas forcément traité pour autant de manière ennuyeuse ou pontifiante,
une expérience riche de partages à laquelle chacun de nous peut contribuer, alors, n’hésitez pas à aller y « faire un tour » et, pourquoi pas, à proposer des écrits pour ce blog !
Les grands médias ont délaissé ce thème au profit du people, de la communication et des dossiers sur l'immobilier.
Et si les blogs bousculaient cet "équilibre précaire"?"
Et puisque j'en suis à parler de belles expèriences, un autre "mot" pour celle des Editions Filaplomb, que nous sommes nombreux à connaitre, et pour laquelle je me permets de reprendre le texte de Céleste, qui, de sa plume d'or, décrit si bien toute chose ( je suis sûre qu'elle ne m'en voudra pas) :
Recommandé par des Influenceurs

" Nées de la volonté (acharnée) de Phil, un talentueux blogueur, les Editions Filaplomb viennent d’ouvrir.
Elles proposent des textes courts, des nouvelles, sous la forme de petits livres d’une vingtaine de pages, que l’on glisse dans sa poche ou dans son sac et que l’on dévore d’une traite.
« La nouvelle (…) est faite pour être lue d’un coup, en une fois » écrivait André Gide
Bien que peu valorisée dans l’hexagone, la nouvelle n’a rien d’un art mineur.
Chaque livre des Editions Filaplomb est une petite fenêtre sur le monde, la découverte d’un regard nouveau, d’une sensibilité.
C’est l’occasion de découvrir d’autres auteurs, qui ne sont pas ceux que les grandes maisons d’édition sélectionnent en fonction de critères dont souvent le talent et l’originalité de la pensée sont exclus, laissant place à la rentabilité, à la facilité.
Vous avez un train à prendre, peu de temps pour lire, des cadeaux intelligents à faire (Noël approche), un clic, deux clics, trois clics et quelques jours plus tard le facteur dépose dans votre boîte aux lettres un joli petit bouquin tout beau tout neuf qui ne demande qu’à être dévoré.
Ce faisant, vous aurez aidé une jeune entreprise ambitieuse et permis à une autre parole d’être lue et considérée."
14:30 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
samedi, 24 novembre 2007
Droit à la tendresse opposable...
Délicieusement vulnérables,

Touchés en plein vol par la tendresse,
De cœur de pierre à cœur de chair,
Passerelle d’entre les corps,
Si tendres gestes, si tendres mots,
Regards si doux,
« Faites donc pleuvoir sans cesse au fond de nos cœurs des torrents de tendresse pour que règne l’amour jusqu’à la fin des jours… »

« Qu’est-ce donc que toute notre tendresse ?
Rien.
Qu’une petite vague qui racle sur la terre et s’en retourne à la haute mer… »
12:24 | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
jeudi, 22 novembre 2007
Droit au logement opposable
Suite à la mobilisation médiatique des Enfants de Don Quichotte, qu’en est-il aujourd’hui du " droit au logement opposable " ?
Je vous présente un résumé du projet de décret d’application de la loi du 5 mars 2007, approuvé par son comité de suivi du 14 septembre 2007, et dont les ASH (Actualités Sociales Hebdomadaires) se sont procuré une version énoncée dans leur dossier spécial " Le logement des personnes défavorisées " d’octobre 2007 dont je résume ici les termes :
Bref historique
1990 : la loi Besson reconnaît à toute personne où famille ayant des difficultés particulières, financières ou sociales, le droit d’accéder à un logement décent et indépendant ou de s’y maintenir (Art.1er) ;
1995 : le Conseil Constitutionnel pose le principe selon lequel " la possibilité pour toute personne de disposer d’un logement décent est un objectif de valeur constitutionnelle " ;
2004 : le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées affirme la nécessité de reconnaître dans la loi l’opposabilité du droit au logement ;
2006 : face à la mobilisation et à l’association Les Enfants de Don Quichotte, la loi du 5 Mars 2007 instaure un droit au logement et à l’hébergement opposable, autrement dit ,la faculté pour les mal logés de pouvoir se retourner contre l’Etat pour obtenir un logement, dans le cadre d’un recours gracieux ou contentieux.
La loi prévoit sa mise en place progressive dans un délai de 5 ans, et pose
donc le principe de la garantie par l’Etat du droit à un logement décent et indépendant.
Concrètement, la procédure se déroulera en deux temps :
-d’abord, un recours amiable devant une commission départementale de médiation,
-ensuite, et si démarche n’aboutit pas au relogement, un recours contentieux dirigé contre l’Etat.
LE DROIT AU LOGEMENT OPPOSABLE
- le recours amiable
-
Une commission départementale de médiation statue sur le caractère prioritaire des demandes de logement social non satisfaites par les bailleurs sociaux ;
Une commission de médiation doit être instaurée dans chaque département avant le 1er janvier 2008.
Elle pourra être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d’accès à un logement locatif social (logement HLM), n’a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement, dans le délai " anormalement long " fixé par arrêté préfectoral ;
La commission pourra également être saisie, et cette fois sans condition de délai, par cinq autres catégories considérées comme " les plus prioritaires ", à savoir les personnes :
-dépourvues de logement
-menacées d’expulsion
-hébergées temporaires
-logées dans des locaux insalubres ou dangereux
-logées dans des locaux suroccupés ou indécents.
Le demandeur , qui pourra être assisté par une association, au moyen d’un formulaire, précisera son identité, l’objet et le motif de son recours ainsi que ses conditions de logement ;
L’accusé de réception fera débuter le délai imparti à la commission pour rendre sa décision ;
La commission peur exiger des organismes bailleurs les informations et les motifs invoqués pour expliquer l’absence de proposition de logement ;
Dans un délai de 3 mois, elle doit désigner les demandeurs prioritaires et auxquels un logement locatif social doit être attribué en urgence ;
Elle notifie par écrit sa décision motivée à l’intéressé et transmet au préfet la liste des demandeurs prioritaires ;
Charge à ce dernier, après avis des maires des communes, de désigner chaque demandeur à un bailleur social et de fixer le délai imparti à ce bailleur pour loger l’intéressé ;
En cas d’inaction du bailleur, la préfet pourra alors procéder directement à l’attribution du logement .
-
- Le recours contentieux
Le demandeur, reconnu priorit
aire par la commission de médiation pour un relogement d’urgence, pourra introduire un recours devant la juridiction administrative s’il n’a reçu une offre de logement dans un délai de 3 à 6 mois après réception de la notification de la décision de la commission ;
Ce recours sera ouvert à partir du 1er décembre 2008 pour les " plus prioritaires ", et à partir du 1er janvier 2012 pour les autres catégories de demandeurs,délai imparti pour la construction de logements...
Le juge (président du tribunal administratif) devra statuer " en urgence " dans les 2 mois suivant sa saisine ;
S’il confirme que la demande a bien été reconnue prioritaire et qu’un logement n’a pas été attribué, il ordonne le relogement de l’intéressé par l’Etat ou …un accueil dans une structure d’hébergement, établissement de transition, foyer-logement, résidence hôtelière à vocation sociale ;
Il aura également la faculté de condamner l’Etat à une astreinte financière pour le contraindre à exécuter sa décision, astreinte dont le produit sera versé à un fonds régional d’aménagement urbain ;
Le demandeur pourra également demander une indemnisation .
LE DROIT A L’HEBERGEMENT OPPOSABLE
Créé au profit des personnes les plus défavorisées résidant de façon régulière et permanente sur le territoire français ;
En gros, même procédure que précédemment, seuls les délais changent :
Recours amiable : saisine de la commission de médiation sans condition de délai pour les demandeurs d’hébergement d’urgence ;
Transmission au préfet des dossiers prioritaires dans un délai de 6 semaines , puis recours contentieux passé ces 6 semaines, en cas d’insatisfaction,
Le juge devra ordonner dans les deux mois à l’Etat de reloger l’intéressé dans une structure d’hébergement et pourra assortir son ordonnance d’une astreinte financière…
Que de délais, de procédures, d’instances, pour dire, redire et confirmer que des pauvres gens vivent dans des conditions misérables et qu’il est nécessaire de les (re)loger,
On a l’impression d’une diffusion de la responsabilité entre Etat,communes,bailleurs sociaux, préfectures,pour diluer,augmenter les délais,face à la fois aux non-réponses institutionnelles vis à vis de la demande et aux pressions politico-médiatiques croissantes,
Sans garantie de résultat, au final, une indemnisation en fin de procédure pour tous ceux qui ne seraient pas relogés ? ?
Je ne sais pas ce que vous en pensez, et je ne voudrais pas faire, une fois encore, figure de mauvais esprit, mais ça me fait un peu penser à la B.D de Binet, les Bidochons " les assujettis sociaux "…pourvu que je me trompe !
16:25 | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
lundi, 19 novembre 2007
Demain, je fais grève...
Demain, comme des milliers de gens,
Je suis en grève…
Pourtant, mes conditions de travail ne sont pas parmi les plus contraignantes ou les plus pénibles :
Je travaille à quelques minutes de mon domicile, j’ai négocié un temps partiel qui me permet de bénéficier de mes mercredis, et j’effectue, compte tenu des « 35 heures », un temps de travail hebdomadaire de 30 heures 45 : premier bilan plutôt satisfaisant ;
Pour ce travail, avec 26 années d’ancienneté, niveau Bac + 3, je gagne 1800 euros net mensuel sur 12 mois, assorti d’une prime versée une fois l’année d’environ 1300 euros, si je ne suis pas malade ;
Fort heureusement, je ne vis pas seule, et il faut bien un deuxième salaire, plus conséquent, pour vivre à quatre, assumer les charges courantes, la maison…car à lui seul, mon salaire ne suffit pas à couvrir l’intégralité des dépenses courantes, loin de là !
Mon activité : Assistante sociale en service de pédopsychiatrie, employée par un hôpital général, statut fonction publique hospitalière ;
J’exerce sur 3 sites qui couvrent un secteur géographique d’un tiers du département, et me déplace sur chacun de ces sites, chaque semaine, dans un véhicule de fonction en mauvais état, sans parc de stationnement sur place, en « co-voiturage » avec mes collègues, donc astreinte aux mêmes horaires de travail ;
Le premier site a été rénové il y a quelques années, et je dois partager mon bureau avec orthophoniste ou psychologue, en fonction des jours de présences respectives, ma documentation restant dans un seul et même bureau ;
Le deuxième site m’accueille en fonction des disponibilités en locaux,
Quand au troisième site, situé le long de la voie ferrée, très sonore, froid l’hiver (jusqu’à 12 degrés notés car très mal isolé) et baigné d’odeurs nauséabondes de reflux de toilettes, il est quasiment impossible de travailler, faute d’espace, de confidentialité, et du manque de moyens : entre autres,une seule et unique ligne téléphonique avec 2 accès pour l’ensemble de l’activité…
Seule dans ma fonction, je dois répondre à l’ensemble des difficultés sociales sur ce secteur très étendu, avec des missions de prévention de lutte contre la précarité et l’exclusion, la protection de l’enfance,l’intégration des enfants en milieu scolaire ordinaire ou spécialisé ;
Mes partenaires : Médecins de ville, services sociaux, PMI, Aide sociale à l’enfance, Tribunaux, gendarmerie, services sociaux et médecine scolaires, Maison du handicap, établissements de l’aide sociale à l’enfance, établissements de l’éducation spéciale, services de relogement….
Il faut savoir que les découpages géographiques de ces diffèrents partenaires ne correspondant pas aux secteurs de la psychiatrie, ce qui a pour conséquence de multiplier, donc de complexifier, les interventions et le travail de liaison…
Je cours donc, de droite et de gauche, avec la désagréable sensation de faire « du saupoudrage » plutôt qu’un réel travail d’accompagnement…nous serions 2, voire 3, sur ce secteur (comme dans certaines régions de France, mieux loties, le sud, l’Alsace..)
Ce qu’il faut savoir :
Le ratio du budget alloué à la santé mentale par rapport à celui de la santé est l’un des plus faibles en Europe ;
Les services MCO (médecine, chirurgie, obstétrique) ont priorité de moyens puisque l’hôpital d’aujourd’hui est aux prises avec les notions de rentabilité et de profit,
Le souci d’économie est devenu une priorité absolue par rapport à celui de la qualité des soins…
Pour en revenir à mon travail :
3 médecins dans le service pour 6 postes : impossibilité de recrutement, manque de psychiatres,
Sur les 3 médecins présents, un seul est pédopsychiatre, c'est-à-dire spécialisé pour traiter des pathologies de l’enfance, et les deux autres, d’origine maghrébine, se forment en cours d’exercice…
si je souligne leur origine, c’est simplement parce que l’administration les rémunère moins avec la même exigence de compétence !
Enfin, il s’agit d’un service gratuit pour l’usager, ce qui occasionne des délais d’attente avant une consultation initiale de…3 à 6 mois, sauf urgence, laquelle, en santé mentale, reste très complexe à évaluer…
Alors, voilà : même si je rentre chez moi à 17 heures, même si je fais des tartines au goûter de mes filles le mercredi, je considère que mes conditions de travail ne sont pas satisfaisantes car :
- elles ne répondent pas aux exigences de professionnels soucieux de leur éthique – il y en a aussi dans la fonction publique, des gens consciencieux, et un bon nombre !-
- on ne travaille pas pour « faire joli » mais pour apporter des réponses adaptées, suivies et cohérentes aux difficultés des usagers, de plus en plus, il faut le savoir, précarisés : les problèmes sociaux, les carences socio –éducatives, le chômage, l’exclusion, font le lit des difficultés relationnelles, de la violence, de la dépression et des pathologies mentales parfois…
- les délais d’attente sont inadmissibles, les situations se dégradent, allant parfois jusqu’à l’hospitalisation, jusqu’au suicide…
- les médecins sont en sous-effectif, mal payés, plus ou moins formés malgré leur bonne volonté ;
- il y aurait tant et tant à dire, mais je vais arrêter là mon propos :
- les grévistes ne font pas nécessairement grève POUR EUX , mais bien pour les usagers, pour leur bien-être, pour leur sécurité, pour une société meilleure et vivable pour tous, pour que chacun de nous ait sa place, quelque soit ses moyens, son équilibre, qu’il ait sa chance,
- voilà ce que je défends, voilà pourquoi je fais grève demain !
19:59 | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note
vendredi, 16 novembre 2007
Envolée !
Une nuée d’ oiseaux sur la branche,
Fragile équilibre,
Balancier des vents échassiers,
Désir d’envol…
Laisser l’arbre s’effeuiller dans le cours de l’automne,
Le cours des choses,
Prendre essor vers des cieux plus cléments ,
Fermer les portes des rigueurs hivernales…
Malhabiles à déployer leurs ailes froissées,
Engourdies des lourdes froideurs,
Incertains d’affronter les rudesses d’un long parcours,
Les oiseaux s’ignorent migrateurs,
Ils répondent à l’appel du destin…
Envol parsemé d’embûches,
Au péril d’un ailleurs,
Ils percent les nuages de leurs légers becs,
Vaillants à l’ouvrage,
Déploient leurs forces au-delà, à l’épuisement,
A la recherche de contrées favorables,
Depuis l’aube des temps…
Les créatures les plus faibles ignorent l’exil,
Tentent de survivre, là,
Les plus hardis se meurent dans les pièges de la traversée,
Héroïques,
Le plus grand nombre parvient à point,
Et c’est là l’essentiel…
Mais rien n’a vra
iment d’importance, au fond,
Il n’est rien d’autre, non, rien d’autre
Que le parfum de la rose, au fond,
Peu m’importe bien,
Oui, peu m’importe la rose et ses épines…
14:45 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 14 novembre 2007
Du Rap et des dégats...
Ca dé-rape ???

Comment? Nos hommes politiques ne tiennent pas leurs promesses?..M'enfin???
Pourtant, bonne gestuelle !
Et Nanard au grand coeur, la Total...

De gauche à droite, quelle jolie danse!
Eh ! Y'a même des paroles ! :
"Oh, avant l’armée j’était tarmi dans l’quartier j’ai formé l’équipe la
plus cramé, les keuf étaient alarmé, zarma on a carné les mecs les plus
shtarbé, c’rap j’n’ai pas peur de t’fumé pour m’affirmer, ensuite trois
ans ferme la prison m’a enfermé, j’ai vue ce qui m’aimaient mieux qu’a
travers d’une paire de quartier, des pleurs je vais t’épargner en
m’engageant au front j’voulais tourner la page avant qu’on m’retrouve
contourné, du Rwanda au proche orient j’me suis inspiré le Darfour m’a bien
changer des courses a carrefour, j’écris sur mon carnet le déroulement
de chaque jour, pour que tu puisse comprendre ce que j’ressens durant
mes journées, t’inquiète ..." (Paroles empruntées à SEFYU )
21:40 | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
lundi, 12 novembre 2007
Le féminin primordial?
Une "drôle d'histoire" :
De Gaïa (Terre) et Ouranos (Ciel), l
e couple primordial, naissent les Titans, les monstres (les Cyclopes, les Hécatonchires) et les Titanides.
Parmi les Titans, Cronos qui, à la demande de sa mère, va castrer son père, Ouranos.
Cronos
, maître du ciel, épouse sa sœur Rhéa, puis il dévore ses fils de crainte d’être un jour supplanté par eux ; à l’exception de Zeus que Rhéa éloigne et cache sur le mont Ida.
Devenu adulte, Zeus oblige son père Cronos à vomir ses cinq frères engloutis qui se liguent alors pour détrôner leur père.
Dans ce combat, d’un côté Cronos, qui fait appel à ses frères, les Titans, et de l’autre, Zeus qui rallie ses forces aux Cyclopes, aux Hécatonchires et aux Géants, enfermés dans le Tartare (les Enfers).
Les Cyclopes donnent à Zeus le tonnerre, l’éclair et la foudre : Zeus sort vainqueur de ce combat mais pour consacrer définitivement la victoire des Olympiens, il doit encore affronter Typhon.
Typhon,
monstre que Gaïa a enfanté avec le Tartare personnifié, pourvu d’ailes, a les bras terminés par cent têtes de dragons et est entouré par d’énormes vipères…
Aprés une lutte sans merci où Hermès et Pan doivent intervenir pour sauver Zeus, celui-ci foudroie Typhon qui éructe des flammes et dont les secousses de l’agonie traduisent les soubresauts de l’Etna et du monstre…
Mais avant d
e disparaître, Typhon a engendré avec un monstre Echina, une abominable descendance :
Le Cerbère à trois têtes, l’Hydre de Lerne, le dragon des Hespérides, la Chimère, la Sphinge.
Zeus, en renversant les divinités primitives de la violence, a donné au monde son équilibre définitif ; il est le dieu souverain, suprême, garant de l’ordre et de la justice, tant auprès des dieux que des hommes.
Zeus aura une descendance de ses nombreuses unions avec des déesses et des femmes.
D’Alcmène, épouse d’Amphitryon, Roi de Mycènes, il aura un fils, Héraclès (Hercule) qui devra combattre l’Hydre de Lerne et le Cerbère, lors de ses « douze travaux ».
Ma petite interprètation,qui ne vaut que ce qu'elle vaut, pour en sourire :
Dans un premier temps, Cronos castre son père Ouranos, à la demande de sa mère, dans un rapport que l’on peut penser symboliquement incestueux ;
La castration se retournera contre lui puisqu’il ne pourra pas assumer sa paternité qu’il vivra comme dangereuse ;
il préférera « annuler » sa procréation en réincorporant dans sa chair ceux qui en émanent, comme pour annuler son premier geste criminel par un autre, faisant de lui un être monstrueux.
Mais, protégé par Rhéa, le fils vengeur, Zeus, l’oblige à assumer ce geste et sa paternité en lui faisant vomir ses enfants qui seront alors ses bourreaux ;
Paradoxalement, c’est en donnant la mort à Cronos que Zeus donne toute sa légitimité aux craintes de Cronos à l’égard de sa descendance…
Zeus a vengé ses frères et son grand-père dans l’accomplissement du parricide qui lui vaudra la suprématie de l’ordre et de la justice…est-ce bien moral, tout ça ?
Par ailleurs, l’on voit comment les mères instrumentalisent leurs fils, qu’il s’agisse de Gaïa avec Cronos ou de Rhéa avec Zeus, dans une relation singulière et privilégiée qu’elles utilisent comme une arme redoutable contre l’époux…
La grand-mère (à la fois maternelle et paternelle) de Zeus, Gaïa, en s’unissant aux forces obscures (Tartare) met en danger mortel Zeus qui, sans l’intervention d’Hermès (le divin Passeur de l’entre deux-mondes), aurait été vaincu par Typhon.
Les figures masculines agissent, actent le mal : la castration , la dévoration, le parricide,
tandis que les figures féminines initient le mal et le transmettent dans les générations, le portent en elles en procréant et l’instrumentalisant…
On se complète ?
19:20 | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
vendredi, 09 novembre 2007
Si peu enfin...
Vertigineuses
solitudes
muselées,
Terres arides, stériles,
bouclées,
Croisements de mosaïques grossièrement sculptées,
Artisans habiles empêtrés dans leurs morceaux de soi,
Leurs parts de choix,
Vierges intimités à l’orée de l’âme,
Survols de territoires indicibles,
A peine effleurés,
Déjà efflanqués,
Affamés,
Oiseaux de proie,
Rôdeurs n
auséabonds,
Silence troué de cris sinistres,
Le cri de naître en silence,
De naître que soi à l’horizon désillusion,
Fosse commune à l’automne effeuillé ,
Si commune honte,
Si commune existence
Soudain dépouillée,
Vêtue de sa seule nudité,
Telle un saule pleureur,
Soumis aux vents mauvais,
Aux démons du grand nord,
Se cacher, se terrer
, immobile,
Besoin d’hiberner,
Figée dans la grande saucière…
- Mais c’est de saison,voyons !
- De saison ?… Ah ! Pardon !
08:25 | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
mardi, 06 novembre 2007
Bavardages...
L’animal se tait…enfin, il crie, hurle, glapit, bêle, aboit, hulule,
miaule,blatère, chante…mais il ne parle pas !!
Nous avons emprunté à la pie ses jacassements, à la poule ses caquetages, pour qualifier nos agaçantes jacasseries et babillages, futiles et assommants, propres au genre humain…
Ce que j’aime tout particulièremen
t chez l’animal, c’est ça : il ne parle pas !!
Combien de mots inutiles, perdus, avons-nous dispersés, jetés en l’air, à peine attrapés, courants d ‘air, à la volée, à peine entendus par celui ou ceux à qui ils s’adressent…
que de paroles vaines,lancées à tort et à travers,que de sottises,de billevesées stériles nous prenons un stupide plaisir à essaimer au gré des rencontres sans nous soucier de savoir si elles ennuient l’autre,celui qui subit,celui qui tend une oreille de cocker,basse,pendante, sourde à ces mots qui se déversent dans le conduit auditif tels des déchets dans le conduit du vide-ordure…
Le silence…un havre de paix !
Ne pourrions-nous penser un peu parfois avant de déverser ces flots sonores superflus et vides de sens ?
Véritables parasites des rapports humains, ces bavardages avilissants ne contribuent-ils pas davantage à provoquer l’agacement plutôt qu’à susciter l’intérêt et à favoriser les liens ?
Sont-ils inévitabl
es?
Pourquoi ce besoin ?
Communiquer avec le corps, les gestes,
Se comprendre au cœur du silence,
Echanger les regards, les déposer en l’autre tels des baisers,
Prendre le temps de s’entendre, de s’écouter,
Peser ses
mots, les dire à propos, les penser un peu,
Sans rien enlever à la spontanéité, aux bêtises, au rire,
Mais par pitié,
Taisons-nous !
Euh...Y'a quelqu'un ?
12:02 | Lien permanent | Commentaires (19) | Envoyer cette note
mardi, 30 octobre 2007
Break
Le Rat et les Mille vaches...
Millevaches, Mille Sources,
C’est là que je me ressource...
![]()
Un lieu-dit, Le Rat, en Corrèze, 15 habitants (environ),en pleine saison, moyenne d'âge élevée...
Sur les contreforts du Massif central, au coeur du plateau de Millevaches,
...Un petit coin de paradis,![]()
rien que le silence du vent dans les cimes,
sapins, feuillus,prairies,tourbières, landes,bruyères, genêts et gentianes,
des collines sauvageonnes sur le sol de granit et de sable...
Peu d'hommes sur ces terres, des rustiques, des robustes,
des éleveurs,
des vaches limousines, fauves, l'air "vachard", prêtes à foncer,
des moutons et des moutons,
de quoi s'endormir,
la nuit obscure et son épais silence,
oppressante,
sommeil de plomb tombé dans les demeures de pierre grise,
scandé par les heures sonnées à l'horloge,
odeurs de pommes et de suie mêlées,
J'y pars quelques jours et vous retrouverai donc avec grand plaisir dès la fin des vacances !
Youpii!!
18:15 | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
lundi, 29 octobre 2007
Bulle...
Bulle de savon,
Dans les airs, transparence, si légère,
Son souffle dans mon cou,
Et hop ! S’envoie en l’air !
Belle envolée,
Toute ronde,
Porte l’arc en ciel en elle,
Et hop ! S’envoie en l’air !
Tient l’univers,

Toute fière,
Les couleurs du temps,
Des gris et des jaunes,
L’ombre et sa lumière,
Rien ne l’empêche,
Dérive vers son destin,
Etire ses reflets pétrole,
Tournoie la bulle,

Pleine, si pleine de nous,
Et hop ! S’envoie en l’air !
L’enfant plisse des yeux tendres,
La suit à l’envie,
S’en va en elle,
Rêves d’ouate sous un coquillage…
Silence !
Un éclat de presque rien ,

Une empreinte moite au sol,
Clouée,
S’évapore,
Plus rien…
L’enfant fait du boudin,
L’enfant plisse ses yeux tendres,
Fait sa bouche bien bien ronde,
Souffle chaud,
Recommence…
Il sautille et tape des mains,
Et hop ! S’envoie en l’air !
09:38 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
samedi, 27 octobre 2007
Rituel et societé
Par son caractère invariable, le rituel réaffirme les valeurs de l’orga
nisation sociale ;
majorité, mariage, obsèques…
Ces pratiques organisées au
tour des événements de l’existence rythment son déroulement de façon symbolique, confirmant nos identités individuelles et sociales.
Le rituel est fondé sur la croyance en s
on efficacité sorte de placebo des us et coutumes, il permet d’atteindre des buts spécifiques en légitimant l’organisation d’une société, d’une entreprise …
Le rituel peut porter le savoir et le pouvoir dans des formes préétablies et spécifiques d’acquisition et de transmission des connaissances selon un « régime de vérité ».
le discours, les pratiques, s’étayent alors de moyens leur conférant leur légitimité ;

Ces symboles, que l’on retrouve autant dans les schémas d’organisation d’une société, d’un groupe social, d’une entreprise, que dans les rituels primitifs du « couteau sacrifiel » permettent de construire, selon Durkheim, « un sentiment co
llectif qui ne peut prendre conscience de lui-même qu’en se fixant sur un objet matériel ».
Il matérialise en quelque sorte le « passage », la « transmission », le concrétise en créant l’évènement et en lui donnant du crédit.
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mercredi, 24 octobre 2007
Coin du feu
21:45 | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
Rituels funéraires
« La ritualité nous force à prendre connaissance de ce que nous savons sans y croire. »
« Dans le rituel funéraire, il s’agit de placer un tiers, le tiers d’une culture entre la mort et soi. »
Symboliser la mort pour mieux l’accepter.
Jouer symboliquement la mort, c’est la replacer dans une culture collective qui donne une
identité au défunt et retrace l’ampleur des liens tissés avec lui.
Les rites funéraires signent la rupture définitive avec le mort et le début de la mise en souvenir de son existence.
Le mort a alors un nouveau « territoire », il est « à sa place », ce qui facilite le travail de deuil.
Le rituel funéraire permet l’expression de l’angoisse liée à la mort, lui donne un sens, en situant la mort à sa place et en affirmant la vie.
Les rituels archaïques, par leur violence et
la charge dramatique qu’ils libèrent, sont l’écho de toute relation au mourant ou au mort.
Dans les sociétés africaines, violences verbales, sonores, physiques, réelles ou symboliques, mettent en acte le désordre social pour répondre au désordre subi de la mort.
Ces rituels expriment l’angoisse de mort et soulignent le passage, la rupture, « l’arrivée ici de celui qui meurt là-bas ».
Le défunt prend alors sa place dans le monde des ancêtres car la séparation d’avec lui dans le monde des vivants a pu être marquée par cette étape symbolique du rituel funéraire.
En « jouant » la mort, l’opposition naissance et mort disparaît ; elles peuvent « s’échanger » ; le symbolique devient un acte d’échange et un « rapport social qui met fin au réel » .
A l’inverse, notre monde occidental, soucieux de bonheur individuel et matériel, a écarté toute
manifestation de la matérialité de la mort en la réduisant à sa simple expression biologique et de préférence à distance : on meurt à l’hôpital…
On « écartèle » la naissance et la mort en idéalisant la naissance, ce qui nous conduit à u fatalisme absurde d’une vie perdue d’avance et vouée au déclin des corps.
F. Mitterrand, dans sa préface à « La mort intime », écrivit : « Jamais peut-être le rapport à la mort n’a été si pauvre qu’en ces temps de sécheresse spirituelle où les hommes, pressés d’exister, paraissent éluder le mystère. Ils ignorent qu’ils tarissent ainsi le goût de vivre d’une source essentielle. »
Les signes extérieurs du deuil ont disparu, la veillée au domicile est devenue rare, la morgue à l’hôpital est excentrée, les cultes
religieux sont devenus des prestations de service …
Si la plupart du temps, nous vivons comme si la mort ne nous concernait pas, nous savons qu’elle est un élément du processus vital et que peut-être on commence à mourir en naissant…
Si nous sommes abreuvés par des images médiatiques de morts violentes, spectaculaires, l’expérience de la mort « ordinaire » nous fait défaut.
Milan Kundera dans « La lenteur », écrivit ce très beau message :
« Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l’oubli.
Evoquons une situation on ne peut plus banale : Un homme marche dans la rue ; soudain, il veut se rappeler de quelque chose, mais le souvenir lui échappe. A ce moment, machinalement, il ralentit son pas. Par contre, quelqu’un qui essaie d’oublier un incident pénible qu’il vient de vivre accélère à son insu l’allure de sa démarche comme s’il voulait vite s’éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, trop proche de lui.(…)
Notre époque s’adonne au démon de la vitesse et c’est pour cette raison qu’elle s’oublie si facilement elle-même.(…)
Notre époque est obsédée par ce désir d’oubli et c’est afin de combler ce désir qu’elle s’adonne au démon de la vitesse ; elle accélère le pas parce qu’elle souhaite qu’on ne veuille plus se souvenir d’elle ; qu’elle se se lasse d’elle-même ; écoeurée d’elle-même ;
qu’elle veut souffler la petite flamme tremblante de la mémoire. »
-« Mourir aujourd’hui, les nouveaux rites funéraires. »Marie-Frédérique Bacqué.Edts Jacob
-« L’échange symbolique et la mort ».Jean Baudrillard..Edts Gallimard
20:00 | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
mardi, 23 octobre 2007
La toussaint
La toussaint approche, pas vraiment festive…L’occasion d’un jour férié, "ça ne se refuse pas "!

La toussaint est une fête catholique, initiée en l’honneur de tous les saints du panthéon catholique (et non des protestants qui ne fêtent pas la toussaint).
Au IVeme siècle, l’église grecque décide de fêter les martyrs chrétiens.
Au VIeme siècle, l’église catholique fait du Panthéon de Rome le culte des saints catholiques qui vint se substituer à celui des divinités romaines.
La toussaint, c’est la fête de tous les saints et non celle des morts qui a lieu le 2 novembre.
Les Romains qui édifièrent des temples aux dieux, en construisirent un plus admirable, celui de tous les dieux, le Panthéon ;
Les prêtres racontèrent que la déesse ro
maine Cybèle, assimilée à Rhéa , la « Grande Mère », leur était apparue pour leur demander d’ériger ce temple magnifique afin d’obtenir les faveurs des dieux en ces temps guerriers.
Ils érigèrent alors ce temple circulaire laissant pénétrer la lumière du dôme
, symbole divin.
Les hommes demandèrent alors à l’ensemble des dieux d’intercéder en leur faveur et de faciliter la réalisation de leurs vœux le 1er novembre.
L’église décide ensuite que la journée du lendemain serait celle de la commémoration des âmes défuntes dont on pouvait entendre les voix plaintives qui demandaient à être arrachées des mains des démons dont les hurlements terrifiants sortaient de l’Etna…
16:50 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
dimanche, 21 octobre 2007
Photos d'antan
J’ai le cœur gros comme une pastèque gorgée de soleil,
J’appartiens à une tribu,
Je suis issue, donc je peux être,
Et partir, plus tard…
La lignée…
Je ne sais plus, plus d’images…,
Occulter ses souvenirs quand ils sont des lames tranchantes,
Ma
mère a apporté des photos,
Moi, les parents, les grands-parents, le frangin,
Des photos qui datent,
J’étais une fillette en robe vichy et socquettes blanches,
Je gambadais, vol au vent, sandalettes,
Fillette au bandeau blanc,
Ma poupée à la main,
J’ai découvert que ma grand-mère, ma mamie Léonie,
Je lui ressemble,
A elle, surtout,
A elle,
Je n’avais plus vraiment d’images paternelles,
Ni lui, ni eux,
Je la redécouvre au creux des diapos passées,
Ce temps jauni qui passe les ans,
Ma mère a bien vieilli,
A l’aube de sa mort, elle est belle encore,
Elle rit et je l’aime,
J’ai tant grandi,
C’est à peine si je sais que c’est moi,
Cette fillette du temps passé,
Dans la 403 qui faisait vomir,
Notamine qui faisait dormir,
Que de morts sur ces photos aujourd’hui,
Pas de nostalgie,
C’est ma tribu, ma lignée,
Je viens de là,
Pas le moindre doute,
Ce sourire,
Ce regard,
Ces âmes,
Elles sont en moi,
Et le plus merveilleux,
Je les lis en mes filles aussi,
Elles aussi, elles cherchent,
La ressemblance,
A qui et d’où elles viennent,
Transmission des âmes,
Des gênes, dirons-nous,
Comme une mosaïque,
Un bout de soi parmi tant d’autres,
Venir de quelque part pour vivre en paix,
Venir de quelque part pour transmettre,
Venir de quelque part pour partir en paix…
17:05 | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
jeudi, 18 octobre 2007
Voyage en Erèbe...
Les Anciens pensent qu’au moment de la mort, l’âme humaine quitte son souffle
et part vers l’Hadès ou « l’Invisible »
qui désigne à la fois cet espace où se retrouvent les âmes défuntes mais aussi le dieu qui les gouverne.
Le monde des morts, l’Erèbe, le Tartare, les Ténèbres Absolues, les Enfers, situé à l’extrême limite des mers où de l’occident, là où le soleil se couche.
Un monde obscur, froid et humide, de vastes zones marécageuses et empuanties, des sons lugubres traversent cette sinistre pénombre bordée de l’Achéron, une falaise suintant de sang et où coule le Styx d’une roche noire…
Les morts, fantômes impalpables, ont l’apparence du vivant mais n’en n’ont ni la conscience, ni la consistance ;
ils sont des « ombres » tristes et mélancoliques condamnés à la non-existence ; ces êtres frustrés de ce bien essentiel qu’est la vie jalousent ceux qui la possèdent, d’où la nécessité de respecter le culte des morts pour éviter leur vengeance ;
Athéniens et Romains possèdent un calendrier religieux et chaque cité fête ainsi ses morts que l’on fait « revenir » l’espace d’une journée, que l’on honore d’offrandes et de sacrifices ;
ces rites servent à conjurer la menace présentée par les morts dont les ombres ne sont pas toujours favorables…
Hadès, l’Invisible, allégorie de la mort qui vient sans qu’on la voit, nommé aussi Ploûton ou Pluton (Le Riche) car le peuple des morts est infiniment plu
s nombreux que celui des vivants et parce que sa terre produit de multiples richesses au monde du vivant.
Souverain redoutable, fils de Cronos et de Gaïa, son épouse Perséphone (Proserpine) vit tantôt dans le monde des vivants où, joyeuse et généreuse, elle permet que germent les plantes, tantôt auprès de son épouse où elle se montre intransigeante.
Hadès lui a fait quelques infidélités avec la nyphe Menthé,
qu’il transforma en menthe, puis avec l’Océanide Leucé qu’il métamorphosa en peuplier blanc.
Le parcours initiatique se déroule en trois étapes :
Dans un premier temps, il s’agit de se faire admettre dans le royaume d’Hadès ;
puis, le mort admis est jugé pour être " orienté "vers l’une des deux régions de l’Hadès,
le Tartare, réservé aux criminels, ou les Champs Elysées, où séjournent les élus ;
Barrage symbolique, quatre fleuves sont situés à l’entrée des Enfers :

-Le Styx, à l’eau empoisonnée et corrosive, est traversé par les morts ; ses eaux noires et glacées sont à la fois eau de mort et eau de vie, donnant l’immortalité où l’ôtant parfois aux dieux parjures.
Puis, les fleuves « hurleurs », affluents de l’Achéron, le Cocyte ou rivière des gémissements aux eaux glacées et le Pyriphlégéthon ou fleuve de flammes que les morts doivent traverser ;
Enfin, l’Achéron grand marais vaseux encombré de roseaux visqueux, mélange d’au glaciale et de feu, est l’ultime étape des morts qui le traversent sur la barque de Charon ;

Charon, le « passeur », ce vieillard à la longue barbe blanche et à la saleté repoussante, dirige sa petite embarcation et fait payer la traversée d’une pièce de monnaie que l’on place dans la bouche du cadavre ;
Hermès, dieu qui sert d’intermédiaire entre les deux mondes, traverse aussi les contrées infernales et est chargé de conduire les âmes aux Enfers comme il guide les vivants qui osent affronter le royaume d’Hadès.
Gardien de la porte des Enfers, le Cerbère, chien à cinquante(ou trois) têtes, à la queue de serpent ou de scorpion et au dos parsemé de vipères, se jette sur ceux qui seraient tentés de revenir en
arrière ;
L’on trouve également d’autres figures monstrueuses comme les Harpyes, les Gorgones, La Chimère ou l’Hydre de Lerne.
Les âmes sont, soit
jetées dans le Tartare, soit envoyées dans les Champs Elysées :
Tartare, un des éléments primordiaux de l’univers, se serait uni à Gaïa et aurait engendré des monstres, Typhon et Echidna.
Tartare sert de prison aux Cyclopes, aux Titans, et à tous ceux qui ont osé défier Zeus.
Il constitue également la région réservée aux mortels coupables ;
région la plus éloignée de la terre, c’est un abîme immense et brumeux, moisi, un vase au col étroit, un gouffre où se retrouvent toutes les eaux et tous les vents du monde.
On y trouve les Erinyes ou Furies, forces primitives, démons ailés aux serpents entortillés dans leurs chevelures, qui s’acharnent avec fouets et torches sur les coupables pour les châtier et venger leurs crimes.
Tisiphone, la plus redoutable, vêtue d’un manteau trempé de sang, a pour fouet une hydre vivante et une torche enflammée…

Ouf ! Mieux vaut séjourner avec les âmes pures en l’Ile des Bienheureux, la Plaine Elyséenne :
pelouses verdoyantes et fleuries, printemps et lumières éternels, l’oisiveté de l’Eden ;
Lorsque l’âme se réincarne, elle doit traverser les eaux du Léthé (l’Oubli) pour perdre tout souvenir de l’Hadès, et avant de revenir à la surface de la terre, elle devra boire l’eau de Mnémosyné (Mémoire) pour se rappeler de ce qu’elle va voir.
L’âme se glisse dans un boyau souterrain très étroit qui la mène au seuil d’un antre où elle prend forme et remonte par les pieds à l’air libre…
Enfin, quelques figures des Ténèbres :
Les deux frères, Thanatos (Mort) et Hypnos (Sommeil), fils de Nuit (Nyx), sortes de génies ailés, deux états inconscients de l’homme.
Hypnos et ses enfants dont Morphée (Forme), Icélios (Semblable) et Phantasos (Rêve), mi songes, mi réels…
Quel imaginaire collectif débordant,ces Anciens !!
19:30 | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
mercredi, 17 octobre 2007
Journée mondiale du refus de la misère
« Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les droits de l’homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré »
Père J. Wresinski

« La pauvreté constitue, en soi, une violation des droits de l’Homme.
En effet, le rapport entre pauvreté et droits de l’Homme est évident.
Tout d’abord, les personnes les plus pauvres sont également celles qui font l’objet des violations les plus flagrantes des libertés et droits fondamentaux (contrôle social accru, justice pénale plus sévère, discriminations multiples,...).
En outre, la pauvreté entraîne elle-même une négation des droits humains, en ce que les personnes défavorisées - privées de la pleine jouissance des droits à l’éducation, au logement, au travail, etc. - ne peuvent jouir de manière effective de l’ensemble de leurs droits civils et politiques, ce qui les coupe de la vie publique.
Pour cette raison, la Ligue des droits de l’Homme considère que la pleine reconnaissance des droits économiques, sociaux et culturels est indispensable; elle a décidé de soutenir la Déclaration de pour garantir le respect des droits fondamentaux de l’être humain. Pour la même raison, la Ligue des droits de l’Homme a solidarité ainsi que
la journée du 17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère. »
A l’initiative d’ATD Quart Monde, cette journée est un hommage aux victimes de la faim, de la violence et de l
’ignorance ;
elle rappelle que... la misère n’est pas une fatalité.
En France, 7,1 millions de personnes, dont 2 millions d’enfants, vivent sous le seuil de pauvreté,
fixé à 817 euros par mois ; un chiffre qui englobe de plus en plus de travailleurs : 12 % de la population.
A l’occasion de cette journée, Martin Hirsch, ex-président d’Emmaüs France et Haut commissaire aux solidarités actives, a à charge d’organiser un "Grenelle de l’insertion "en vue de la mise en place d’un contrat unique d’insertion et du RSA (revenu de solidarité active) ;
Extrait de Martin
Hirsch pour Le Monde :
« Le taux de pauvreté augmente en France. Dans une indifférence coupable qu'il faut combattre. Il est des taux qui, loin du CAC 40, n'intéressent personne. L'évolution du taux de pauvreté est de ceux-là. Publié par l'Insee en juillet, il est encore passé inaperçu. Pourtant, il n'aurait pas dû laisser insensible : au cours de la dernière année connue, 2005, le taux de pauvreté s'est sensiblement aggravé passant de 11,7 % à 12,1 %. La hausse la plus significative depuis que ses statistiques existent. Pour être clair, 260 000 personnes sont devenues pauvres. Le silence qui accompagne la publication de ces données est toujours surprenant. Pas un journal ne les a reprises. Pas un acteur social ne s'en est saisi. »
La pauvreté ne se mesure pas seulement en terme de revenus, mais doit tenir compte d’un ensemble d’indicateurs de logement, santé, éducation…
L’objectif de ce Grenelle de l’insertion : réduire d’un tiers la pauvreté en 5 ans.
Un pari difficile…
10:10 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
samedi, 13 octobre 2007
Vers l'inachevé...
Vers l’inachevé,
Glisser dans un soupir,
Hisser tes voiles
au zéphyr,
Fendre les flots d’azur cinglant,
Gonfler ta voile d’or et de blanc,
Amants d’Eole,
Glisser dans un soupir,
Un râle de
plaisir,
Entrouvrir la peau de l’eau,
En elle, naviguer,
Dériver,
Ta voile au ventre gonflé,
Toucher la peau de l’eau,
Quitter le radeau aux brumes
Caresse de la coque en l’écume,
Enfants d’Eole,
Envolés en doux baisers
Vers l’inachevé…
18:30 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
vendredi, 12 octobre 2007
450 euros le joint?
Le joint à 450 euros ?
Le gouvernement a décidé de durcir le ton pour les fumeurs de joints pris en flagrant délit, selon «Le Parisien». Ils devront suivre un stage payant et obligatoire.
5 millions de fumeurs de cannabis à 450 euros chacun,
Imaginons un instant qu’ils se fassent tous prendre en fragrant délit de fumette et on obtient la coquette somme de plus de 2 milliards d’euros,
de quoi renflouer les caisses !
Le principe : un «stage » de 2 jours de « formation » pour se faire entendre dire que fumer, c’est pas bon pour la santé et c’est dangereux au volant… quelle formidable découverte ! Une vraie formation !
Par qui ? En vrac, médecins, psy, policiers, tous ensemble, unis pour la même juste cause ;
L’infrastructure qui embauche tout ce joli monde ? Un dispositif à créer où des professionnels réquisitionnés sur leur temps et lieu de travail ?
Les arguments : Ne pas engorger davantage les tribunaux et se substituer à une politique de santé publique pas très efficace…on croit rêver ! Qui fait cette politique « pas très efficace » ? Pourquoi les tribunaux sont débordés ?
Qui a laminé, rogné ces systèmes d’Etat depuis des années ?
Une politique de santé mentale au rabais et un appareil judiciaire qui rame,
Quelle attitude péjorative honteuse !
Assez râlé, revenons à nos moutons ;
J’ai découvert qu’il existait une ingénieuse machine à fabriquer soi-même du hasch à partir des fleurs de cannabis, le Pollinator, qui coûte, ironie du sort, dans les 450 euros, soit le même prix que le « stage » de 2 jours…
Espérons que nos jeunes consommateurs ne seront pas contraints à dealer pour payer ce stage, ce serait bête, bête, bête !
A propos du chanvre, petite leçon de choses,
Le chanvre appartient à la famille des Cannabinacées (ordre des Urticales), une famille si petite qu’elle se réduit à deux genres seulement, le cannabis et le houblon !
Il paraît même qu’on fabrique de la bière de chanvre !
Cette plante aux vertus médicinales connues depuis l’Antiquité et dont Pline l’ancien décrivait les effets, doit sa sulfureuse réputation à ses effets psychotropes ;
Une substance festive et sans danger ou un produit maléfique dont l’apparente innocuité fait le lit de la dépendance ?

Consommé à petite dose, il ne semble pas que le cannabis affecte les facultés mentales ou induise davantage de dépendance que le tabac, l’alcool, le Web…
Pour une partie des consommateurs réguliers, l’habitude peut devenir addiction, dont l’étymologie « d’état d’esclavage » signe là une réalité psychique de dépendance ;
Pour ces jeunes, la conduite addictivec utilisée pour affranchir de la dépendance affective aux parents induit, par déplacement, une autre forme de dépendance dans un processus d’autodestruction.
La consommation va entraîner une décharge des tensions psychiques tout en jouant sur le rapport entre réalité interne et réalité externe dans une relation ambivalente où le retournement contre soi de la destructivité renforce le besoin d’aide et donc la dépendance.
La poursuite d’une quête de drogue peut-être révélatrice d’une défaillance identitaire renvoyant aux discordances parentales et au paradoxe de l’adolescent de devoir s’éloigner de l’influence parentale tout en vérifiant la présence parentale même.
L’addiction va donc de pair avec l’angoisse de séparation : « Comment faire pour se décoller sans se déchirer ? »
La prise de risque, la transgression, peuvent être des moyens de solliciter la mobilisation parentale et celle des adultes dans une période de grande fragilité où la question des « assises narcissiques » est primordiale ;
En transgressant, en expérimentant des conduites d’essais, les jeunes essaient de s’extirper d’un fonctionnement infantilisant par des comportements à l’opposé des valeurs parentales ;
En même temps, ils intègrent leur groupe de pairs en rattachant la prise de risque à celle des rites de passage…
La transgression, où l’exercice maladroit de la liberté sous le poids des réalités, peut glisser vers des pathologies de la dépendance et des conduites à risque diverses, l’importance de la dangerosité étant source d’excitation et jeu symbolique avec la mort donnant toute la puissance à l’expérience…
Faut-il interdire ?
A mon sens, NON, car en posant l’interdit, on induit le désir de transgression donc le passage à l’acte,
OUI, car, en posant la loi, le cadre légal peut étayer le cadre éducatif parental et sociétal.
Faut-il punir ou soigner ?
Punir ?
En quoi l’usage occasionnel et maîtrisé du cannabis est-il davantage constitutif d’un délit que le ballon de rouge ?
Qu’est-ce qui, dans l’addiction, peut constituer un délit, hormis ses conséquences éventuelles ?
Soigner ?
Un fumeur occasionnel n’est pas malade,
La réalité psychique et affective de la dépendance et de ses conséquences somatiques nécessitent un long travail d’accompagnement et de reconstruction de soi, avec des personnels formés à ces prises en charge spécifiques et des moyens suffisants.
Le « thérapeutique » intervient ici sur l’intra-psychique, l’intériorité,
Le « coercitif » intervient sur l’ordre social, l’extériorité,
Il me semble que faire l’amalgame des deux dans un télescopage hâtif et confus de 2 jours de « formation » en rackettant les jeunes de 450 euros, relève de la « pensée magique » et est un pur non-sens, une ineptie…
18:10 | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note
mercredi, 10 octobre 2007
Ciel d'orage
Un de ces mauvais jours où tout est plombé…

La grognonnerie fait tache d’huile, elle s’étale et colle grassement à mes semelles, partout où mes pas m’emmènent, inéluctablement ;
ce jour fatal subit la marque de son destin morose ;
le ciel se charge de lourds cumulo-nimbus à l’inquiétante verticalité à mesure que les humeurs s’épaississent ;
comme si hier était une chimère,un ailleurs qui s’était joué sans ses acteurs du jour...
le présent devient exécrable,
pourtant,rien d’autre qu’une nuit banale,semblable à une autre, ne sépare ces deux journées : aucun événement soudain n’a surgi,ni même le moindre,l'infime particule, le plus insignifiant, …
c’est comme si hier, tout ce qui était tolérable,s'avère insupportable aujourd’hui,
comme si l’air vicié des toilettes se propageait insidieusement jusque dans mon bol de café noir,amer dés les premières heures ;
tôt ce matin,le réveil a oublié de sonner... ou je me suis rendormie, je ne sais plus ;

alors,il a fallu faire vite,lutter contre la tête lourde et le corps à l’abandon,rassembler mes forces et les convaincre de me hisser sur mes deux jambes ;
enfin debout,comme grimpée malgré moi sur une paire d’échasses,les voilà qui me guident,exagérément droites,vers la douche…glissante où je suis accueillie par un affreux jet froid qui suscite en moi un cri de stupeur assorti d’un large frisson ;
maussades et molles, mes mains recouvrent mécaniquement mon pauvre corps d’eau fade et vaguement savonneuse ;
vite !me voilà à la bourre!
encore un de ces jours où je cours après le temps qui me nargue,impertinent ,impossible à rattraper !
c’est peine perdue comme à chaque fois,mais je ne parviens pas à me résigner…viendra le jour de ma subtile victoire,ce jour où La Fontaine
pourra aller se rhabiller dans sa tombe,celui où j’arriverai à point et où il m’aura servi de courir,enfin,j’aurai pris ma fière revanche…
J’enfile quelques vêtements saisis par hasard ,entre le ton sur ton et le mauvais goût ,constate avec regret que ma chaussette bleue marine s’avère noire;
zut !cette tache qui refuse de partir,je l’avais oubliée !
je fonce :à peine ai-je bu mon café brûlant et avalé un morceau de pain trop mou que je m’enveloppe dans mon incontournable parfum et effectue en toute hâte les gestes précis pour appliquer les fards qui me donneront un petit air dispo ;
mais,rien à faire !
les visages moroses de mes collègues m’indiquent le sens que les heures à passer ensemble
vont prendre…celui des aiguilles
d’une montre à l’envers ;
esprit critique à rebrousse-poil et sentiment de persécution ne font pas bon ménage : les voilà qui s’affrontent,s’agitent dans tous les sens,fatras de paroles saccadées,gesticulations,amalgames douteux,visages qui blêmissent…
j’en ai les paumes moites et le cœur qui bat la chamade,je me surprends à tourbillonner dans la valse effrénée …
passé l’effet de seuil, tout s’apaise peu à peu, ,explications vaseuses et rires gênés…l’orage s’éloigne mais l’atmosphère reste plombée…
bruits de couloir….on y raconte que….
Le vent se lève et les portes claquent,le ciel s’assombrit,se charge dangereusement ;
d’épaisses gouttes s'écrasent sur les vitres,d'autres rebondissent nerveusement sur le bitume fumant,la tourmente se déchaîne et laisse libre cours à ses excès ;
un chat miaule au dehors,des rafales s’engouffrent dans le conduit de la cheminée qui chante son air lugubre des mauvais jours,les tuiles d’ardoise,à rude épreuve ,se serrent les unes contre les autres,silencieuses ;

Zeus enrage et chevauche les cieux étincelants, sur son chariot d’Héphaïstos, à vive allure,il traverse les airs gonflés de brume,assouvissant sa colère contre une Aphrodite récalcitrante…
enfin,sa beauté cruelle implore le pardon,et apaise les fureurs du roi de l’Olympe…
Les feuillages ralentissent leurs tourbillons,la dégringolade de trombes d’eau s’épuise et la boue s’étale mollement dans la cour ; une pluie fine et drue lave le ciel anthracite et le perce d'un azur espéré,la course du vent s’achève ,la tempête s’essouffle enfin ;on distingue au lointain le chant initié par l' oiseau téméraire,un jeune sans doute ;

La soirée s’annonce fraîche, exhalaisons d’herbe mouillée et de terre gonflée par les eaux,le sommeil sera réparateur ...vivement demain!
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lundi, 08 octobre 2007
Petits de la savane...
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samedi, 06 octobre 2007
Le mythe Dogon
Dans ce mythe Dogon, le principe de la Création est classiquement plaqué sur celui de la reproduction ; l’œuf qui enfle puis se divise comme la division cellulaire dans le processus embryonnaire.
Puis, l’on retrouve la notion du Double, du gémellaire,dualisme fondamental, antagonisme et complémentarité, constituant l’équilibre en soi :

Ogo, avide de pouvoir, fait « cavalier seul » en se séparant de son double ; mais sa solitude velléitaire engendre l’imperfection et est punie par le Tout Puissant : le placenta maternel fécond avec lequel il s’est uni pour enfanter des hommes dans une relation incestueuse devient, à l’inverse, soleil brûlant, stérilisateur, et pose ainsi l’interdit de l’inceste.
Cet interdit symbolisé par Ogo, fruit de l'union père-fille, porte également en lui le Désordre qu'Amma, le Tout-Puissant masculin, attribue à la part masculine, le clitoris, de la Terre, la privant ainsi de cet attribut pour rétablir l'ordre divin...

Pendant ce temps, le « Bon » , symbolisé par le couple des Nommo, a formé quatre arbres, puis quatre couples, positionnés aux quatre points cardinaux, ancêtres de l’humanité , dans une dédoublement harmonieux allant jusqu’à l’Equilibre Universel parfait…
Une fois encore, Ogo compromet l’équilibre en tentant de s’unir avec un Nommo ; ce qui lui vaut la terrible vengeance du jumeau Nommo :
Privé de son sexe et de sa langue, coupé des relations aux autres et incapable de se reproduire, castré pour avoir osé abuser du Parfait, défier le Divin, il ne dispose plus que de la ruse et du vice du renard, ou du chacal, pour mener à bien son tragique destin.
Désormais, le « mal » existe pour sa part et contribue au juste équilibre du monde ...deux mondes cohabitent désormais, le monde d'Ogo, le Chaos, les ténèbres...et celui des Nommo, la fertilité, la pureté...
Amma construit l'arche qu'il fait descendre sur terre dans un mouvement en double spirale:
l'on retrouve la double spirale
dans les traditions égyptiennes et celtiques où un serpent entoure l'Oeuf du Monde en forme de double spirale;
les anneaux du serpent étant l'ensemble des cycles de la manifestation universelle et chaque fin de cycle coïncidant toujours avec le début d'un autre; le tout, autour d'un axe vertical, direction de la maniferstation de l'Etre ou de l'Unité Primordiale.

Le serpent, symbole ancien associé à l'idée de mort mais aussi de "renouveau", la mue étant une nouvelle peau, une re-naissance, il est aussi associé à l'éternité.
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jeudi, 04 octobre 2007
La Création en pays Dogon
En pays Dogon, Amma est le dieu suprême ;
il a créé la Terre, principe féminin, puis s'accoupla avec elle pour créer des jumeaux; mais, géné pour pénétrer la Terre par la termitière qui figurait son clitoris, il n'engendra que d'une créature, Ogo, le Renard Pâle,le chacal ;
il décida alors de raser la Terre de la termitière et, d'une nouvelle union, naquirent des jumeaux, les Nommo ;
En commettant l’acte d’inceste, Amma introduit le désordre dans le monde, symbolisé par Ogo…
Ce processus de la Création se décline aussi de cette manière :
Amma, le dieu suprême, créé « l’infiniment petit" ,qui va enfler et former « l’œuf primordial » ;
De cette embryogenèse, émanent deux placentas et de chacun d’eux, naissent deux couples de jumeaux :
Le premier couple se compose d’Ogo et de Yasigi.
Ogo, avide de pouvoir, veut posséder seul l’Univers en formation et engendre, avec le placenta maternel, les plus imparfaits des êtres…les hommes !
S’apercevant de son erreur, il tente de se rapprocher de Yasigi, son jumeau, en vain ; s’approchant du ciel, à la recherche de cet « autre », il constate avec effroi que les restes du placenta fécond sont transformés par Amma en rayons de soleil brûlants et dévastateurs…le soleil est issu des restes du placenta d'Ogo.
Le deuxième couple de jumeaux est constitué des Nommo ; l’un d’eux est sacrifié par Amma et, de son sang, naissent les planètes et les étoiles, ainsi que quatre arbres ; ces arbres prennent ensuite la forme de quatre couples d’humains ,quatre paires de jumeaux Nommo, ancêtres primordiaux associés chacun à l'un des quatre élements, Air, Terre, Eau,Feu.

Ogo, solitaire et désemparé, se rapproche de ce Nommo et tente de s’unir à lui , en lui offrant sa semence ; mais, jaloux et dépossédé, le frère jumeau de Nommo se venge cruellement :
Il tranche le sexe d’Ogo avec ses dents et lui déchire la langue…
Ogo, mutilé, amputé, épouse l’apparence du renard, Yurugu.
Depuis, les hommes répètent cette mutilation sous la forme de la circoncision, séparant l’homme circoncis du principe spirituel volé, conséquence de l’impureté d’Ogo ;
Amma engendra ensuite le forgeron, la jumelle du renard, le griot et il construisit une arche dans laquelle il plaça le Nommo, les huit ancêtres, les végétaux, les animaux, qui descendit en formant une double spirale et se posa la nuit sur le sol de la terre du renard; les tribus originelles Dogon sont issues des fils d'un grand ancêtre, Lébé;
à cette époque, la mort n'existait pas : parvenus à un âge avancé, les hommes se transformaient en serpents; c'est alors que l'un d'eux, prononçant quelques mots dans la langue des hommes, devint impur et mourut...La mort fit son apparition dans le monde des hommes.
Le monde est séparé en deux parties :
Le monde de Nommo qui symbolise le Bien, la pureté, la fertilité, la lumière…
Le monde de Yurugu, porteur du Mal, du désordre, des ténèbres…
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mardi, 02 octobre 2007
Jacky Pistolaire
Avachi dans son fauteuil club
éculé, Jacky Pistolaire s’étouffe de rire ;
Vautré sur le cuir sale, une jambe croisée servant de support à sa feuille de chou locale, le Potinier, Jacky lit les chroniques funéraires avec un plaisir exquis…
"Une boulangère obèse, morte étouffée des suites d’une fausse route en avalant son croissant"..., suscite en lui une hilarité incontrôlable ;
Rex, son fidèle compagnon, assis à ses cotés, l’œil rond, penche un peu sa grosse tête de chien mû par la curiosité; Jacky, d’un geste rassurant, tapote l’épais crâne bosselé.
Ses rires s’amplifient et résonnent dans le séjour, tonitruants, mais au fur et à mesure, se transforment en hoquets et sifflements ; Jacky est toujours étonné d'entendre venir de sa poitrine ce concert de crépitements de bûches dans l’âtre mêlé au râle d’un rossignol à l’agonie ;

Il est pourtant familer de ces crises d’asthme qui compriment ses bronches et le contraignent à chercher l’air du dehors, plié à sa fenêtre; il est tel qu' un poisson,victime du jeu sadique du chérubin, s'agitant frénétiquement à côté de son bocal ;
A présent,le rire trop franc de Jacky s’est évanoui, laissant place à un souffle rauque et grinçant; décidément, il lui faut se rendre à l'évidence, il rouille...
Adossé à la rambarde, Jacky se contorsionne pour tenter, en vain,de libérer l’étroit chemin qu’emprunte le mince filet d’air salvateur ;
la tête lui tourne et ses jambes se dérobent un peu, des suées coulent le long de ses tempes et de sa nuque, froides et moites ;
Jacky est puni, dans l'épais brouillard qui l'entoure, l'écho de la voix familière :« on ne plaisante pas avec ces choses là »,
Mémé Blanche le lui a pourtant assez répété quand, petit déjà, la vision d’un oiseau mort ou d’un chat écrasé suscitait en lui cette même exaltation grandissante,cette même fascination du spectacle de l'existence envolée et d’un corps inerte, posé là, tel une vieille peau de chagrin.
Quand Mémé Banche l’a quitté pour l’au-delà,
Jacky est resté de longues heures à fixer le visage immobile, le corps figé, si familier et pourtant si lointain…
la contempler soulageait un peu sa peine, son propre corps était comme engourdi, lourd du vide de l’absence dans cette chambre que le silence et la pénombre remplissaient intensément.
Aujourd’hui, les cendres de Mémé Blanche reposent dans l’urne de porcelaine blanche,imposante, posée sur le délicat napperon blanc, brodé, qu’elle avait confectionné de ses doigts épais;
Ainsi elle était là, comme si elle sommeillait au centre de la pièce, posée sur l’élément principal, le large téléviseur acajou aux boutons dorés qui lui appartenait auparavant ;
Bien que Jacky ignore les affres de la solitude: Tout au plus parfois un léger malaise, comme une sensation fugace au creux de l’estomac, un vide vite comblé par l’un de ses casse croûtes préférés, "saucisson- cornichon" ou "camembert- beurre" ;
Non, Jacky n’est pas seul, il est même très entouré !
Sur le palier, vit une jeune femme qu’il a baptisé la D’moiselle de Pompadour,
allez savoir pourquoi ; elle possède des rondeurs chaloupées qui fixent les regards masculins sur son passage et qu’elle toise d’un mépris affiché ;
son air hautain donne à Jacky des envies de la gifler puisque, de toutes façons, il sait qu’il n’a aucune chance de pouvoir l’approcher et de poser ses mains épaisses comme son esprit sur ces formes indécentes de féminité.
Et puis, elle a un copain, la D’moiselle, pas des plus beaux, un genre commun, à l’ordinaire vêtu d’un Jean’s moulant et baskets craquelées, avec en haut un blouson « simili cuir »,d’un noir des plus brillants, des plus lustrés.
Les mains dans les poches et le col relevé, ce grand mâle brun, rasé au coupe- coupe, les cheveux gras plaqués sur une calvitie naissante, aux yeux marrons éteints et à l’allure de cow boy d’Aubervilliers, entre chez elle à heure fixe ;
il en ressort un peu plus tard,à heure fixe, les mains dans les poches et le col relevé ;
Jacky suit ce petit manège à l’aide d’un diagramme : pour abscisse, le jour, et pour ordonnée, l’heure d’arrivée et de départ ; il est heureux de constater que, grosso modo, sa courbe étant presque horizontale,elle forme une ligne quasi parfaite, donc pas de quoi se mettre la rate au court- bouillon, comme dit son collègue !
Jacky est méthodique et il aime l’ordre : l’ordre des choses, et que les choses soient en ordre ;
L’ordre dans sa vie, une discipline qu’il s’impose, pour une vie réglée et saine qui lui augure, il en est certain, une longue et tranquille existence.
12:55 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
dimanche, 30 septembre 2007
Ah! nimal
Je vous présente la gazelle à deux têtes et six oreilles,
assez rare, il faut bien le dire;
Un bébé-rhino, 80 jours, pas plus gros qu'un chien,
c'est une femelle,Lola,
elle est élevée par un rangers, dans la nature,
car sa mère, aveugle, ne peut la protéger des prédateurs;
sa "mère adoptive" lui donne 3 litres de lait toutes les 3 heures,
elle retournera à la vie sauvage à l'âge de 4 ans; 
12:25 | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
vendredi, 28 septembre 2007
Marqué au fer rouge...
Hier encore, j’étais ignorante de ces techniques de marketing, parfois très surprenantes…
D’une oreille distraite, j’écoutais France Info et tombe par hasard sur une chronique dont l’interlocuteur tenait un drôle de discours, enfin, un discours qui m’a fait drôle !
Il partait du principe que pour aller plus loin dans les techniques de vente, il fallait en quelque sorte se vendre soi-même, développer sa valeur ajoutée, sa Marque Personnelle ;
Oui, vous avez bien lu, se considérer comme une marque et la travailler, tel est le concept du Personal Branding ;

Interpellée, je fais quelques brèves recherches sur cette « technique », qui me confirment bien ce que je viens d’entendre…
« Dans la peau d’une marque ! » titre fièrement le blog du Personal Branding , qui sera présent au Salon des Micro Entreprises en octobre, prêt à vendre son savoir-faire en quelques heures :
Voici le raisonnement : Notre quotidien est envahi par les marques et la marque a été utilisée pour développer des relations solides et durables avec les consommateurs satisfaits; il ne reste plus qu’à en
faire autant avec les salariés,les entrepreneurs, cadres et consultants ;
Je cite : « Le Personal Branding est un programme en trois étapes qui permet de développer notre Marque Personnelle .Que nous soyons employé, consultant ou entrepreneur, le fait de nous considérer comme une marque et de la travailler comme le font les grandes entreprises, nous permet de gérer notre plan de carrière et de mieux réfléchir à la stratégie que nous voulons mettre en place pour réaliser nos projets. De ce fait, c’est un excellent moyen de contrôler notre avenir »
Les concepteurs :Peter Montoya et William Arruda,
En France, c’est Pascale Baumeister qui soutient ce concept ;
Ma curiosité m’a poussée à visiter son blog, et elle se définit ainsi :
Je cite :
« Mon intention : Inspirer et soutenir le personnes à révéler leurs talents aux yeux du Monde, afin qu’elles osent vivre leur vie en accord avec qui elles sont, et ne harmonie avec leur entourage. Les soutenir dans l’élaboration d’une cohérence entre qui elles sont
et ce qu’elles font et dans la création d’une stratégie de vie qui leur permet d’atteindre leurs rêves et leurs objectifs. Je considère que l’action spontanée émerge lorsque notre intention d’atteindre notre but est claire et cohérente avec notre raison de vivre. Et que tout l’art de réaliser nos objectifs réside dans le fait d’être intimement convaincu que ceux-ci sont en accord étroit avec qui nous sommes vraiment, et que nous sommes prêts à en assumer les conséquences… »
Que de louables intentions ! Faire de l’être humain un être parfait infaillible, immuable, qui gère son existence sans sourciller, sûr de lui, de ses pensées, de ses actes…un homme ABOUTI ??
Euh, pardon, je m’égare ! et tout ça en quelques heures seulement de formation !
Cette personne est l’auteur d’un livre : « Reiki, la voie de la transformation » ;
Je cherche ce que peut bien être le Reiki :
« Le Reiki est une méthode dérivée du Bouddhisme Tantrique, de guérison par imposition des mains, apportant un calme mental, une paix intérieure et un bien-être en général ; le Reiki est l’Amour Universel Il est une voie naturelle de transformation… »
Nous y voilà ! Mme Baumeister alimente son discours de propos mystico psycho philosophico conceptuel pour vendre sa salade technique marketing d’avant-garde !
Allez donc faire un tour sur le site de Peter Montoya :« When Peter Montoya speaks, people listen… » !
Et sur celui de William Arruda , « Enthusiastic-Passionate-Inspiring "
Le Personal Branding a même été convié à une conférence pour l’église de scientologie...
je dois avoir l’esprit tordu,
il faut que je m’inscrive, ils vont m'arranger ça ?
Traduit du Harraps : Branding, marquage au fer rouge...
09:00 | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note
mercredi, 26 septembre 2007
Rituel ou mutilation ?
Je vous propose de découvrir le point de vue de l’auteur de « la maladie de Sachs », Marc Winckler, sur la question de la circoncision :
Il interroge : « Rituel ou mutilation ? », j'essaie ici de résumer ses propos :
Qu’en est-il de la circoncision ?
Que le motif soit religieux ou hygiénique, peut-on considérer qu’il s’agit d’une mutilation ?
La circoncision systématique a été abandonnée par l’Angleterre, mais a continué à être pratiquée aux USA, encrée dans les habitudes d’ « hygiène », et aujourd’hui combattue par un grand nombre d’associations.
Les hommes circoncis pourraient être moins susceptibles de contracter le VIH que les hommes non circoncis, l’extrémité du pénis étant très perméable au virus ;
Cependant, les résultats de ces études doivent être confirmés ; ça ne dispenserait évidemment pas d’utiliser des préservatifs et ne justifierait pas non plus de circoncire systématiquement.
La circoncision peut être une mutilation si
elle est imposée par la violence et si elle n’a aucun sens pour les circoncis.
Il serait délicat de réfuter la valeur d’un rite de passage ou de porter des jugements définitifs sur les rituels des autres.
Un jeune Sénégalais circoncis à l’âge de 13 an s au cours d’un rituel tribal peut garder de son rite de passage un souvenir de fierté et d’appartenance, même s’il a été douloureux ; là encore, la subjectivité, qui n’est pas dénuée d’importance, n’est pas mesurable.
Concernant l’excision,
L’équivalent chez l’homme consisterait à couper le gland avec le prépuce ! Ce n’est donc pas du tout pareil…
L’excision, qui consiste à amputer la femme de son clitoris, entraîne de très nombreuses et graves complications, avec des conséquences lourdes sur la sexualité ;
L’excision rituelle est toujours une mutilation ;
De conclure :
Les humains
ont besoin de symboles.
De tout temps, ils ont pratiqué des rituels violents pour faire symboliquement barrage à la violence des éléments ou des phénomènes qui les menaçaient ;
il est impossible de faire disparaître du jour au lendemain une pratique symbolique quand elle est profondément ancrée dans une croyance ancienne.
Mais si cette pratique est nocive pour l’individu, on peut essayer de la remplacer, par une autre qui puisse être porteuse des symboles de cette croyance sans atteinte à l’intégrité de l’individu…
On peut conserver les symboles sans la violence des rituels.
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lundi, 24 septembre 2007
Le rite de circoncision
La circoncision Serreer et Joola
Le rite de circoncision procède d’une dramatique symbolique ;
la date est fixée par les notables du villages ;
l’âge des initiés varie entre 15 et 30 ans ; les festivités marquent la vie du village et l’opération est effectuée par le ngaaman, au coucher du soleil ;
puis, on éloigne les jeunes circoncis pendant un mois, où ils séjournent en plein air sous un tamarinier ; là, ils bénéficient d’une série d’enseignements et subissent des brimades pour faire l’expérience du malheur et de la douleur.
Les anciens initiés construisent un monstre fait de perches et de toile qui symbolise Maam, l’être suprême tutélaire, censé venir dévorer la nuit, sous forme de serpent, les circoncis ;
une épreuve pour mesurer le courage dont les jeunes initiés doivent faire preuve et un rituel symbolique de la mort que le passage dans les entrailles de Maam peut permettre de connaître.
L’initiation Joolaa ressemble à celle des Serreer :
un coq est sacrifié ; autour d’un banquet, les jeunes dansent le Kambat ; puis, ils sont co
nduits dans la forêt sacrée où se déroule la circoncision et la formation des novices ; la forêt est le symbole du mystère, de l’au-delà. La retraite est une forme de mort rituelle et le retour, après guérison, une re-naissance sociale.
L’initiation permet de dépasser l’image du corps mort au profit d’une seconde naissance rendue possible grâce à un ensemble d’épreuves initiatiques. La mort est socialement jouée et le nouvel initié devient un « homme véritable ».
Les êtres vivants ne peuvent pas se passer des rites qui, en définitive, constituent le tissu de notre vie ; la limitation territoriale de certains mammifères et la parade amoureuse des oiseaux peuvent être considérées comme des phénomènes ritualisés, inconscients, qui marquent les temps forts des activités vitales du monde animal.
Aujourd’hui, l’on reconnaît l’existence de la conduite rituelle dont le champ d’action et de compréhension dépasse largement le contexte magico-religieux.
Le sacré se déplace dans un certain nombre d’objets, d’attitudes, d’êtres ou d’institutions, au point qu’il n’est pas toujours facile de le reconnaître.
L’homme ne sera réellement un être doué d’existence
qu’après avoir subi les dures épreuves du cheminement initiatique ; être initié, c’est s’inscrire dans une identité ; tel est , semble t-il, l’objectif premier de tout rituel Africain.
Revue « Ethiopiques » n° 72
Revue négro-africaine de littérature et de philosophie.
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dimanche, 23 septembre 2007
Dedans
Il fait si beau au dehors,
Il fait si beau là-bas,
Où le couchant étire ses ocres,
L’herbe est plus verte, le ciel plus bleu,
Et pourtant…
Un grain de sable,
Une pétale prête à tomber,
Une rose un peu fanée,
La nature qui se tait.
Tout est calme et tranquille,
L’enfance danse la ronde,
La radio ronronne,
Le chat s’étire et baille
Ses crocs d’antan,
Et pourtant…
Un poids tout au fond,
Comme une lame,
Une vague d'acier,
Un vent froid soudain,
Une éclipse de silence.
La tarte dore au four et sent bon l’abricot,
Le caramel et le chaud,
Chopin égrène ses notes au zéphyr,
Le petit babille et serre les poings,
Et pourtant…
Une porte close,
L’épaisse serrure rouillée,
L’ombre s’étend, s’étale,
Grasse et sale,
Flaque d’huile noire.
Il fleure bon les confitures, le talc et la lessive,
Le Petit Prince au cacao,
Gazouillis du bambin souillé,
Mélodie des violons volatiles,
A fleur de peau,
Tiède et doux,
Et pourtant…
Elle sommeille, tranquille,
Glaciale, immobile,
Tapie,
Elle attend l'heure du glas,
La petite mort au-dedans, la petite mort au-dedans .
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vendredi, 21 septembre 2007
Simba

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jeudi, 20 septembre 2007
Et de l'autre côté...
Comme une bouteille à la mer,
ce trés beau et émouvant message du Monolecte que j'ai le plaisir de relayer ici;
Photo de Jordan_K | Iordanis Keramidas sur Flickr
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mercredi, 19 septembre 2007
Les Masaïs
Les Masaïs ,ethnie d’éleveurs et guerriers semi-nomades d’Afrique de l’Est, Kenya, Tanzanie, vivent sur de grands territoires bien qu’ils aient été dépossédés d’une partie par les colons, les ethnies dominantes et enfin, le gouvernement qui les a transformés en... réserves animalières…
Les Masaïs vivent dans des villages de cases ; ils sont entourés d’une clôture d’épineux ,les « boma » , les protégeant des prédateurs ; ce sont les femmes qui bâtissent les cases quand les hommes s’occupent du bétail : ils appellent cette répartition, non sans humour, l’égalité des sexes ;
Ces hommes semblent tout droit sortis d’un autre temps : parés d’une simple couverture rouge rayée ou à carreaux, elle laisse une épaule découverte ; pieds nus
ou en sandalettes, ils se parent de bijoux de perles, colliers, bracelets et boucles aux lobes d’oreilles distendus ;
De tradition pastorale, un haut bâton les accompagne, parfois un « casse-tête » à la taille marquée d’une ceinture qui tient leur carré de tissu rouge, unique vêtement ;
Ils se nourrissent essentiellement de lait mélangé au sang des bovins qu’ils saignent au cou ; ce mélange constitue l’aliment de base et est agrémenté de plantes ;
Ils vivent sur des terres arides et non irriguées, donc non cultivables ;
D’autre part, leur mode de vie pastoral et semi-nomade ne les incite pas
à cultiver et à diversifier leur alimentation ;
Cette société patriarcale a un chef spirituel pour chaque clan : le « laibon », intermédiaire entre les hommes et Enkaï, le dieu bleu, qui laisse apparaître son ventre aux rondeurs de nuages…
Des rituels de passage ponctuent leur existence : à 15 ans, les garçons deviennent de jeunes guerriers, les« moranes » ;
cette initiation est assortie d’un cérémonial où chants et danses accompagnent l’adolescent pour lui donner le courage d’affronter bravement la circoncision et, plus symboliquement, d’intégrer fièrement cette nouvelle étape de sa vie de jeune homme ;
Chaque période de la vie sera ensuite marquée par un rituel de passage : de « morane » ou jeune homme, il deviendra adulte, puis jeune senior, et enfin senior ;
Ces rituels initiatiques, fondements de leur société, participent de l’organisation sociale, des systèmes de parenté et de la morale individuelle et collective ;
Ces pratiques, barbares s’agissant de la circoncision ou de l’excision, peuvent sembler désuètes et archaïques ;
Cependant, leur symbolisme très marqué n’aide t-il pas l’individu à intérioriser et donc à assumer son statut social et le rôle qui lui incombe ?
Comment, en parallèle, notre société, qui a fait fi de ses croyances ancestrales et de ses coutumes, supplée t-elle à cette absence ?
Avons-nous mis en place d’autres systèmes qui forgent nos convictions et qui nous aident à passer le cours de nos vies avec davantage de sérénité ??
10:05 | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
lundi, 17 septembre 2007
Ciels d'ailleurs
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samedi, 15 septembre 2007
Tradition ou modernité ?
Simple voyageuse de passage, il m’est évidemment impossible de donner un avis sans risquer de tendre vers des propos « d’occidental en mal d’authenticité et d’exotisme », superficiels et inappropriés ..
J’éprouve trop de respect pour ces gens et d’humilité concernant mes connaissances pour m’essayer à un discours critique, quel qu’il soit et ce ne sont pas quelques jours passés dans ce merveilleux pays qu’est le Kenya qui me permettront de prétendre à une analyse quelconque de ma part…

Cependant, il est aisé de constater les décalages que ces ethnies kenyanes véhiculent, tant bien que mal, et qui sont intégrées à leur vie quotidienne :
paradoxes et juxtapositions de modernité et de traditions du fait de l’influence très prégnante des colonies britanniques présentes jusque très récemment (1963), du tourisme, et …de la télévision !
L’évidence de la pauvreté, bien sûr : privés d’eau (potable) pour la majorité, les villageois vont chercher l’eau à la rivière, au lac; l’habitat, précaire, peu salubre et vide de meubles, se réduit au strict minimum ;
ils cohabitent avec chèvres et zébus dont ils se nourrissent, et, dépourvus de systèmes d’irrigation, les cultures sont inexistantes dans de très nombreuses régions ;
L’école est gratuite et obligatoire ; le non-respect de cette obligation est passible
d’emprisonnement…les enfants vont s’instruire en uniforme anglais, constituant bien souvent leur unique garde-robe…
Autre trace des colonies, l’on roule à gauche et l’on célèbre noël, conformément aux traditions anglo-saxonnes ; l’usage du portable s’étend et Internet commence à se développer, via les structures hôtelières ; quelques magasins aux marques connues, Bata, par exemple, qui vend très bien sa chaussure type « clarks » sur laquelle est inscrite le mot « safari »…
Nombre d’entre eux travaillent pour le tourisme, secteur économique primordial au Kenya ; ils sont donc en contact permanent avec les touristes et s’imprègnent de ce que nous sommes ;
Notre
monde leur est familier, mais qu’en font-ils ?
La modernité s’intègre t-elle aux traditions séculaires ?
Comment concilier polygamie et émancipation de la femme, le sacré, la magie et les soins médicaux, les modes de vie urbains et la coexistence forte des familles élargies et solidaires ?
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